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[Date Prev][Date Next][Date Index] [AVIS] Phoenix Arizona
Phoenix Arizona (Smoke Signals), de Chris Eyre avec Adam Beach, Evan Adams, Tantoo Cardinal, Gary Farmer. http://us.imdb.com/Title?0120321 Un film avec des Indiens, fait par des Indiens (heu, les "Native Americans" comme on dit en politiquement corect, pas les habitants de l'Inde). Le film n'est pas très original, mais les thèmes qu'il aborde sont bien traités, sans jamais en faire trop. Je vais commencer par ce qui est moyen dans le film : il n'est pas très original. On a une sorte de road-movie avec deux jeunes Indiens qui doivent sortir de leur réserve pour aller récupérer les affaires du père de l'un qui vient de mourir. Le tout est parsemé de flash-backs (le jeune qui a perdu son père revoie des morceaux de son enfance) plutôt bien insérés mais le procédé, répété tout au long du film, est un peu lourdaud. D'autre part, on a deux personnages un peu "stéréotypés" : un des deux est fort, sûr de lui, débrouillard; l'autre est plus rêveur avec ses lunettes et son sourire omiprésent (limite benêt). Bref, un couple de personnages comme on en voit souvent au cinéma, et dans le film on n'échappe pas aux scènes obligatoire où l'un dit ses 4 vérités à l'autre (et réciproquement). Malgré ce côté déjà-vu, le film est sympathique. C'est d'abord un film qui parle de la famille à travers la mort du père. Les flash-backs racontent la vie du personnage jeune, les rapports entre son père et sa mère, la fuite de son père, etc. Et cela se confronte au présent où le personnage doit faire avec ce passé et son père qui ne reviendra pas. Mais le thème est aussi abordé via le deuxième personnage dont les parents sont morts et élevé par sa grand-mère, notamment avec cette histoire récurrente du petit déjeuner. Finalement, les deux jeunes sont confrontés chacun à leur manière à la mort de leur père. Tout ça n'est pas forcément original, mais rien n'est appuyé, le film n'insiste pas sur les souffrances, il n'en fait pas des tonnes. On comprend bien tout ce qui se passe, les relations entre les personnages sans que ça dure des heures, sans montrer quarante fois les mêmes scènes de la vie ordinaire. Bref, il touche juste sans en faire trop. Il n'y a pas d'apitoiement non plus sur le sort des Indiens : le film n'est pas un reportage sur eux, il n'y a pas de clichés appuyés (du genre les Indiens tous gentils, les autres Américains tous méchants). Si il y a des reproches, c'est toujours sur le mode de la plaisanterie. Le film parle d'une certaine façon de ce qu'est "être un Indien", mais jamais frontalement, sans discours balancé au spectateur. En fait, on a deux visions. Tout d'abord lors d'une conversation, les 2 personnages abordent la question, mais on voit bien que tous deux ont chacun une vision déformée de leur "nationalité". Ensuite, durant tout le films on a des petites morceaux de vie quotidienne qui permettent au spectateur de voir un peu ce qu'est la réalité, hors de la vision des personnages sur eux-mêmes. On a à la fois des comportements individuels dont on ne peut tirer aucune conclusion, et des caractères communs qui apparaissent vaguement (le voyage permet de sortir de la réserve et de rencontrer des Indiens d'ailleurs). Le voyage permet aussi de confronter les Indiens aux Américains blancs. Là encore, on trouve ce qui pourraient être des clichés, mais perdus dans la normalité, ce n'est finalement que la vie quotidienne. Là encore, le film "parle" bien, sans message explicite et sans caricature. Pour terminer, les personnages sont eux-mêmes sympathiques : le duo des 2 Indiens fonctionne bien, et les acteurs sont convaincants (la mère entre autres). J'ai toujours un faible pour les personnages comme l'Indien avec les nattes (qui d'ailleurs donnent lieu à une scène assez intéressante, qui m'a marquée, lorsqu'il les défait). Je pense aussi qu'on pourrait parler aussi du côté un peu "initiatique" ou "rite de passage" du voyage du film, ou de l'omniprésence du feu (le titre origianl est "Smoke signals") mais j'en ai assez dit comme ça. -- Frederique Voisin-Demery voisin@icps.u-strasbg.fr Someday when I'm lonely / Wishing you weren't so far away Then I will remember / The things we said today. (The B.) http://www.lumiere.org/ -- Contacter les modérateurs de fr.rec.cinema.selection: frcs-mod@alma.fr Les archives de fr.rec.cinema.selection: <URL:http://www.frcs.assoc-38.org/>
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