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[AVIS] Phoenix Arizona


  • Subject: [AVIS] Phoenix Arizona
  • From: Frederique Voisin-Demery <voisin@icps.u-strasbg.fr>
  • Date: 27 Apr 1999 12:14:47 GMT
  • Approved: frcs-mod@alma.fr
  • Followup-to: fr.rec.cinema.discussion
  • Newsgroups: fr.rec.cinema.selection,fr.rec.cinema.discussion
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  • Xref: oceanite.cybercable.fr fr.rec.cinema.selection:2 fr.rec.cinema.discussion:537

Phoenix Arizona (Smoke Signals), de Chris Eyre avec Adam Beach, 
Evan Adams, Tantoo Cardinal, Gary Farmer. 
http://us.imdb.com/Title?0120321

Un film avec des Indiens, fait par des Indiens (heu, les "Native
Americans" comme on dit en politiquement corect, pas les habitants de 
l'Inde). Le film n'est pas très original, mais les thèmes qu'il
aborde sont bien traités, sans jamais en faire trop.

Je vais commencer par ce qui est moyen dans le film : il n'est pas
très original. On a une sorte de road-movie avec deux jeunes Indiens 
qui doivent sortir de leur réserve pour aller récupérer les affaires
du père de l'un qui vient de mourir. Le tout est parsemé de
flash-backs (le jeune qui a perdu son père revoie des morceaux de son 
enfance) plutôt bien insérés mais le procédé, répété tout au long du 
film, est un peu lourdaud.

D'autre part, on a deux personnages un peu "stéréotypés" : un des
deux est fort, sûr de lui, débrouillard; l'autre est plus rêveur avec
ses lunettes et son sourire omiprésent (limite benêt). Bref, un
couple de personnages comme on en voit souvent au cinéma, et dans le
film on n'échappe pas aux scènes obligatoire où l'un dit ses 4 vérités
à l'autre (et réciproquement).

Malgré ce côté déjà-vu, le film est sympathique. C'est d'abord un
film qui parle de la famille à travers la mort du père. Les
flash-backs racontent la vie du personnage jeune, les rapports entre
son père et sa mère, la fuite de son père, etc. Et cela se confronte
au présent où le personnage doit faire avec ce passé et son père qui
ne reviendra pas. Mais le thème est aussi abordé via le deuxième
personnage dont les parents sont morts et élevé par sa grand-mère,
notamment avec cette histoire récurrente du petit
déjeuner. Finalement, les deux jeunes sont confrontés chacun à leur
manière à la mort de leur père. Tout ça n'est pas forcément original,
mais rien n'est appuyé, le film n'insiste pas sur les souffrances, il
n'en fait pas des tonnes. On comprend bien tout ce qui se passe, les
relations entre les personnages sans que ça dure des heures, sans
montrer quarante fois les mêmes scènes de la vie ordinaire. Bref, il
touche juste sans en faire trop.

Il n'y a pas d'apitoiement non plus sur le sort des Indiens : le film
n'est pas un reportage sur eux, il n'y a pas de clichés appuyés (du
genre les Indiens tous gentils, les autres Américains tous
méchants). Si il y a des reproches, c'est toujours sur le mode de la
plaisanterie. Le film parle d'une certaine façon de ce qu'est "être
un Indien", mais jamais frontalement, sans discours balancé au
spectateur. En fait, on a deux visions. Tout d'abord lors d'une
conversation, les 2 personnages abordent la question, mais on voit
bien que tous deux ont chacun une vision déformée de leur
"nationalité". Ensuite, durant tout le films on a des petites
morceaux de vie quotidienne qui permettent au spectateur de voir un
peu ce qu'est la réalité, hors de la vision des personnages sur
eux-mêmes.  On a à la fois des comportements individuels dont on ne
peut tirer aucune conclusion, et des caractères communs qui
apparaissent vaguement (le voyage permet de sortir de la réserve et
de rencontrer des Indiens d'ailleurs). Le voyage permet aussi de
confronter les Indiens aux Américains blancs. Là encore, on trouve ce
qui pourraient être des clichés, mais perdus dans la normalité, ce
n'est finalement que la vie quotidienne. Là encore, le film "parle"
bien, sans message explicite et sans caricature.

Pour terminer, les personnages sont eux-mêmes sympathiques : le
duo des 2 Indiens fonctionne bien, et les acteurs sont convaincants
(la mère entre autres). J'ai toujours un faible pour les personnages
comme l'Indien avec les nattes (qui d'ailleurs donnent lieu à une
scène assez intéressante, qui m'a marquée, lorsqu'il les défait). Je
pense aussi qu'on pourrait parler aussi du côté un peu "initiatique"
ou "rite de passage" du voyage du film, ou de l'omniprésence du feu
(le titre origianl est "Smoke signals") mais j'en ai assez dit comme
ça.


-- 
Frederique Voisin-Demery           voisin@icps.u-strasbg.fr
Someday when I'm lonely / Wishing you weren't so far away
Then I will remember / The things we said today. (The B.)
http://www.lumiere.org/



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