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[Date Prev][Date Next][Date Index] [CRITIQUE] Quasimodo d'El Paris
Retrouvez l'interview de Patrick Timsit et de Richard Berry sur Cinévision. http ://wwwusers.imaginet.fr/~cinevisi Cinévision vous offre des exemplaires des « Carnets secrets de Quasimodo », l'excellent livre du film. http://wwwusers.imaginet.fr/~cinevisi/concours/concours.html _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ Quasimodo d'El Paris de Patrick Timsit avec Patrick Timsit, Richard Berry, Vincent Elbaz, Mélanie Thierry Cuba-Boulogne Quand on est petit et que l'on rêve un jour de "faire" du cinéma, entendez réaliser Son film, on a toujours dans un coin de la tête le sujet du film idéal. Pour moi c'est... secret, pour Patrick Timsit c'était Notre-Dame de Paris, un gros livre du siècle dernier adapté de nombreuses fois au cinéma et ailleurs. Le danger c'est, qu'arrivé au stade d'une notoriété suffisante pour donner confiance aux producteurs, de se révéler incompétent, de sortir une daube bourrée de bonnes intentions. Alors, on prend en sympathie le petit film, on sourit béatement à l'artiste pour qu'il ne soit pas trop déçu (de toute façon il n'a plus envie de sortir de chez lui), et on se dépêche d'oublier. L'histoire est remplie de ces films médiocrement décevants, comme... Non, ne soyons pas blessants. Alors on se dit que le petit Timsit, cible facile de parents de petits trisomiques adroitement manipulés par un avocat sans excuse chromosomique, et bien... on le voit mal réalisateur. Rigolo sympathique soit, mais réalisateur... Le doute s'installe. Qu'il soit dit, répété, crié, Timsit, après nous avoir prouvé de très grand talent de comédien (La crise, Le cousin), ayant l'art de rendre ses personnages vivants parce que contradictoires, se révèle également un cinéaste d'avenir. Son adaptation, très libre et très revisitée du pavé de Victor Hugo, est une grande réussite. C'est, sans conteste, un des grands films comiques de l'année. Ce n'est pas un film qui se contente de n'être que drôle, façon Delphine : 1 - Yvan : 0, il s'agit d'une oeuvre très maîtrisée, techniquement et artistiquement. Même si quelques petites (minuscules) baisses de rythme n'en font pas le Citizen Kane de la comédie française, Quasimodo d'El Paris est un belle surprise, un très beau cadeau. Maîtrise de l'écriture. Les trois co-scénaristes sont des gens intelligents et cela s'entend. Ils n'ont gardé que la base de l'intrigue du Pair de France pour réécrire totalement l'histoire, la modernisant, gommant des aspects vieillots (la cour des miracles, la chèvre d'Esmeralda), tout en respectant le fond de l'oeuvre originale, la réflexion sur la différence. Par une écriture resserrée, un intrigue limpide, chaque scène est calibrée, les gags suffisamment courts pour ne pas s'alourdir, voir découpés en plusieurs parties pour ne pas allonger trop une scène (Phoebus se lamentant de ne pouvoir faire l'amour). Et on sait depuis longtemps, les auteurs, Patrick Timsit, Jean-François Hanin (co-créateur des Guignols) et Raffy Shart (auteur d'un spectacle de Patrick Timsit), ne sont pas des tristes. Quasimodo navigue entre l'humour tendrement cruel de Timsit et les sketchs justement décapant des parodies politiques de la chaîne cryptée. Bien entendu, certains mots sont un peu gras, mais certaines répliques pourraient bien détrôner Les visiteurs (I) des répliques des salles pause-café. Audiard peut être heureux. Quasimodo est le premier film français qui n'a rien à envier aux Z.A.Z. (Top secret, Hot shots, Y-a-t-il un flic...). Il utilise avec le même bonheur le jeu des parodies, que ce soit de Rambo, de Terminator, de Roméo et Juliette de Baz Lurmann, ou du flic des séries américaines. Les auteurs n'ont toutefois pas voulu imprimer un humour trop loufoque pour ne pas couper le film d'une certaine réalité. Maîtrise de la réalisation. Le film contient quelques très beaux plans (le petit Quasimodo revenant dans l'église). Le cadre est toujours utilisé pour intégrer au mieux l'excellent travail sur les décors, la lumière et les effets spéciaux. Patrick Timsit donne une véritable patte au film, il ne se contente pas de mettre un boite de belles répliques. Maîtrise de la mise en scène. Patrick Timsit a du retenir les leçons des cinéastes qui l'avaient mis en scène jusqu'à lors. Il laisse suffisamment d'autonomie aux comédiens pour qu'ils puissent créer leurs rôles librement. Ils ont pu s'appuyer sur la dualité de leurs personnages (Quasimodo bêtement sympathique, Frollo inquiétant et aimant, Agnès petite fille riche gâtée/passionaria , Phoebus macho crétin/repentit, Trouillefou vil/courageux) pour les faire exister. Maîtrise de la post-production. Présent sur le montage image et son, Patrick Timsit l'a ciselé. Comme ses petits bruitages façon Tontons flingueurs ou la musique de Laurent Petitgirard, reprenant des standards à la sauce cubaine. Imaginez un univers où une cathédrale serait en plein coeur du bois de Boulogne entourée de chanteurs cubains se prenant pour Patrick Juvet. Difficile à croire ? Patrick Timsit a su créer de toute pièce un univers sorti de son imagination, sans jamais ridiculiser qui que ce soit, ni les personnages, ni les acteurs, ni les spectateurs. Beaucoup ont des leçons à prendre. Patrick Timsit se prenant pour Fred Astaire, et qui a le grand mérite de ne pas rechercher la performance d'acteur, de ne pas écraser les autres rôles, Richard Berry en clin d'oeil à Al Pacino de l'Associé du diable, Vincent Elbaz en séducteur à deux sous (on est loin du Dov de La vérité si je mens), une petite débutante, Mélanie Thierry, dans une drôle d'Esmeralda qui refuse de jouer du tambourin en dansant autour d'une chèvre, Quasimodo d'El Paris c'est tout ça, et c'est drôle. Little Bug http ://wwwusers.imaginet.fr/~cinevisi .. -- Contacter les modérateurs de fr.rec.cinema.selection: frcs-mod@alma.fr Les archives de fr.rec.cinema.selection: <URL:http://www.frcs.assoc-38.org/>
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