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[Date Prev][Date Next][Date Index] [CRITIQUE] Baril de poudre
Fiche film : Baril de poudre (Bure baruta) Yougoslavie - 1998 - 1h40mn Réalisation: Goran Paskaljevic Scénario: Dejan Dukosvki, Goran Paskalgevic avec la participation de Filip David et Zoran Andric Image: Milan Spasic Montage: Petar Putnikovic Musique: Zoran Simjanovic Décor: Milenko Jemeric Interprétation: Miki Manoljovic, Lazar Ristovski, Mirjana Jokovic, Serguei Trifunovic, Draguan Nikolic, Milena Dravic Résumé " Une nuit de désespoir dans le Belgrade d'aujourd'hui." Un chauffeur de taxi conduit son client tout en s'allumant une cigarette. Il lui demande si la fumée ne le gêne pas. Le client répond que non, mais que fumer, c'est dangereux, et que l'on peut en mourir. Oui répond le chauffeur, mais de toute façon, on peut mourir de tout et n'importe quand dans ce pays. Un travelo danse dans un cabaret. Le client du taxi le retrouvera, mais plus tard. Un jeune inconscient coupe la route au taxi et finit par percuter la coccinelle d'un chauffeur coléreux. Le conducteur s'énerve après le jeune, la police s'en mêle, le jeune réussit finalement à s'enfuir. Le conducteur le retrouve grâce à sa carte grise qu'il avait oublié. Il s'en prend à son père, accompagné d'un ami et casse tout dans la maison. Le jeune caché, s'en tire une fois de plus en s'enfuyant. Une famille de réfugiés bosniaques habite dans une vieux locale immonde "sans eau courante " ni aucun confort. Le père de famille veut que son fils travail afin d'aider la famille à s'en sortir. Mais le jeune ne veut pas faire comme son père chauffeur de bus de nuit pour un salaire de misère. Il s'enfuit rencontrer un dealer un peu fou qui lui propose de l'aider. Le chauffeur de taxi rencontre dans un bar des connaissances. Un homme d'une cinquantaine d'année avec une minerve et des mouvements douloureux qui boit sa bière à la paille ne pouvant faire autrement à cause de ses handicapes. Le chauffeur le questionne "tu ne te souviens plus de moi ? " Non", l'homme est devenu amnésique après s'être fait attaquer à coups de massue sur les os et y compris la colonne vertébrale. Le chauffeur lui révèle être son agresseur : une vengeance. L'homme qui était auparavant policier avait frappé un jour sans raison le chauffeur sur les "couilles" le rendant ainsi stérile. Le client du taxi arrive au cabaret où le travelo fait son spectacle. Il mange en le regardant et va ensuite à sa rencontre. Il le questionne sur une femme. L'autre lui répond que ce n'est pas la peine d'insister. Des amis s'entraient dans un club de boxe quand un des deux ressent le besoin de dire à son ami qu'il a couché avec sa femme. L'autre semble d'abord étonné, puis, il lui se met à lui raconter que lui aussi lui avait fait des mauvais coups. La liste se fait nettement plus conséquent que celle du premier. Celui-ci le prend d'abord bien, puis commence à s'énerver de plus en plus lors d'un combat sur le ring. Son ami lui avoue qu'il savait en réalité depuis le début qu'il l'avait trahi. L'autre finit alors par le tuer. Un jeune homme prend les passagers d'un bus arrêté dont le père de la famille de réfugiés est le chauffeur en otages. Il veut leur démontrer que leur pays est en train de sombrer lentement. Le chauffeur du bus finit par le tuer. L'homme sortant du cabaret va à un rendez-vous fixé avec son ex femme. Il veut essayer de la reconquérir. Elle est accompagnée de son nouveau fiancé, un homme totalement stupide. Il réussit presque à la reconquérir, mais finit par de faire tuer par l'autre homme. Une des passagères du bus retrouve son petit ami. Ils se font attraper par le dealer et son nouvel associé. Le dealer menace la femme mais finit par se faire tuer par son ami. Le boxeur assassin s'enfuit. Il prend un train. Dans un compartiment de ce train se trouvent le jeune conducteur imprudent de voiture et une jeune femme. L'assassin entre, tente de violer la jeune femme. L'autre n'intervient pas. Le boxeur finit par se tuer avec la jeune veuve. L'ex associé du dealer et membre de la famille de réfugiés rode près de voitures après s'être enfuit. Le chauffeur de taxi qui passe par-là l'accuse d'avoir essayer voler de l'essence dans des voitures parquées. Tous les habitants d'un immeuble proche se mettent à le poursuivre. Il s'enfuit de nouveau mais finit par se faire tuer à coup de pierres dans le dos. Commentaire critique Baril de poudre est une sorte de Short Curts dont l'action se déroulerait une nuit à Belgrade. Des protagonistes ayant pour seul point commun un pays, l'ex-Yougoslavie, se rencontreront sans se chercher, vivant leurs histoires savamment entremêlées dans une ambiance tragi-comique. Le film montre des tranches de vies sans aucun rapport apparent si ce n'est leur schéma scénaristique, toujours le même : action, fuite et mort. Goran Paskaljevic, serbe d'origine, à "senti le besoin de mettre en scène l'état d'esprit de [sa] nation" par ces histoires de "gens ordinaires" dont les chemins se croisent, dont les histoires se rejoignent. Le film ne tombera pas dans le mélodrame, car même dans le désespoir même, il reste toujours aux personnages leur "humanité". Détestables ou géniaux mais profondément humains. Et qui dit humain dit sensations, émotions. Sentiment dont le film regorge. On doute, on a peur ou l'on est ému, on hésite peu, on est happé par le film. Le même scénario autrement traité aurait pu donner un film de mauvais goût, sans intérêt ; on se voit donc obligé de reconnaître au réalisateur un don de mise en scène, de mise en cadre (assisté par un éclairage très juste de Milan Spasic), de montage. On peut aussi mettre en valeur l'excellent travail du monteur Petar Putnikovic, montage très important dans ce film car il lui donne non seulement un rythme juste mais aussi un sens, le film étant constitué de plusieurs brèves. Sans l'évoquer clairement, le film exprime la souffrance d'une population après plusieurs années de conflit. Il dénonce avec violence, car à l'aide d'exemples précis, cet impact en en montrant le résultat, l'empreinte qu'elle laisse dans les mémoires. Tout dans le film est là pour nous montrer l'épuisement de ces gens, de cette population, et leur lassitude sachant que de toute façon, après cette longue fuite viendra la mort. Ce sujet avait déjà été exploité par le magnifique Underground d'Emir Kusturica, mais de façon plus impersonnelle car métaphorique et moins en prise avec ces gens qui subissent (le film parlait du déchirement du pays). Paskaljevic traite son sujet avec un style lui étant propre et qui semble être l'aboutissement d'une déjà longue expérience. Effectivement, maîtriser un tel film peut paraître difficile, car il évoque sans jamais dire et se permet de plus d'aborder le ce sujet en nous montrant plusieurs exemples, afin de mettre en évidence un lieu commun qui sert de "morale" à l'oeuvre. Les interprètes aussi très justes désertent bien le film, notamment le très bon Miki Manoljovic. C'est un beau travail que nous présente Goran Paskaljevic, un film émouvant et beau comme on aimerait en voir plus souvent. Raphaël RICHARD Réponses uniquement à: cinefilm@wanadoo.fr -- Contacter les modérateurs de fr.rec.cinema.selection: frcs-mod@alma.fr Les archives de fr.rec.cinema.selection: <URL:http://www.frcs.assoc-38.org/>
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