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[CRITIQUE] Convergence de Gavin Wilding (1998)


  • Subject: [CRITIQUE] Convergence de Gavin Wilding (1998)
  • From: goubet@usa.net (Goubet)
  • Date: 24 Mar 1999 18:07:11 GMT
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"Convergence" de Gavin Wilding (USA, 1998) avec Christopher Lloyd,
Adrian Paul, Cynthia Preston... Scénario: Raul Inglis, Gavin Wilding &
John Fairley. Produit par: Diane Patrick O’Connor. Producteur
exécutif: Gavin Wilding. Montage: Gavin Wilding. Musique: Chris
Ainscough. Photo: Glen Winter. Maquillages: Carey Williams. Effets
spéciaux: Prospero Digital Imaging. Costumes: Michelle Hunter. Décors:
Steven Rinaldo. 100 min.

Alison Caine est une jeune et bien jolie journaliste, atterrie faute
de mieux dans un journal à sensation, où elle est affectée au poste
d'équipière d'un homme solitaire et lunatique (Lloyd). Mais peu à peu,
les choses semblent lui échapper. Un cendrier éclate lorsqu'elle le
touche, elle pète les plombs dans un lavoir; dans un asile, une jeune
autiste doué de prémonition lui annonce l'heure de sa mort...

"Convergence" n'est pas un film qui plaira à tous (hué dans la salle
où je l'ai vu). Mais les amateurs de fantastique "d'ambiance" comme
moi se réjouiront. Vous aimez Lovecraft, Poe, Ray, exécrez Stephen
King, Dean Koontz; vous adorerez Convergence. Sinon, préparez-vous à
vous emmerder.

C'est que ce film est entièrement basé sur des ambiances très
bizarres, oppressantes. La bande son remplie de bruits étranges, avec
une musique genre SETI, une photographie très irréalistes (dominante
de bleu, avec des objets et visages à l'avant-plan éclairés en rouge),
une histoire lente qui progresse doucement vers on ne sait où...
Wilding, scénariste, réalisateur, monteur et producteur révèle un
grand talent à ce jeu subtil qui marche du début à la fin au feeling.

C'est un film dans lequel il faut s'enfermer pour en profiter, et
surtout, ne pas chercher de midi à quatorze heure pour la
super-explication-ultime-de-la-mort-qui-tue. Rien de tout cela, l'un
des personnages (lors d'un dialogue un peu faible), prend même soin de
préciser qu'il n'y a rien à comprendre. Précision même un peu
superflue, et il aurait été sans doute mieux d'éviter cette
auto-justification inutile, pour laisser le spectateur déboussolé,
intrigué dans l'expectative d'une fin ouverte, d'aller jusqu'au bout
de la logique dans laquelle le film s'est engagé.

Résolument impressionniste, Convergence est un film comme on en voit
trop rarement, surtout dans le domaine du fantastique, s'embourbant un
peu trop souvent dans le gore, les histoires traditionnelles de
vampires et loups-garou ou dans la parodie. Convergence (comme,
dernièrement, Beloved ou In Dreams, deux autres films "d'ambiance")
sort de ce lot avec beaucoup de simplicité, sans éclat et gros effets
scénaristiques pour assouvir des spectateurs en manque d'imagination,
mais en faisant plutôt preuve de beaucoup d'intelligence.
--
Raphaël Goubet

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