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[CRITIQUE] Shattered Image de Raoul Ruiz


  • Subject: [CRITIQUE] Shattered Image de Raoul Ruiz
  • From: goubet@usa.net (Goubet)
  • Date: 21 Mar 1999 16:50:56 GMT
  • Approved: frcs-mod@alma.fr
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  • Newsgroups: fr.rec.cinema.selection,fr.rec.cinema.discussion
  • Organization: fre3d
  • Xref: oceanite.cybercable.fr fr.rec.cinema.selection:43 fr.rec.cinema.discussion:3189

"Shattered Image" de Raoul Ruiz (USA, 1998) avec William Baldwin, Anne
Parillaud, Lisanne Falk, Graham Greene, Bulle Ogier... Scénario: Duane
Poole. Produit par: Lloyd Silverman, Peter Hoffman & Barbet Schroeder
Photo: Robby Muller. 90 min.

Jess (Parillaud), jeune femme de riche famille, est en voyage de noce
avec Brian, son mari (Baldwin) en Jamaïque, tentant d'oublier le
traumatisme d'un viol dont Brian l'a sauvée. Mais elle a le
pressentiment que son agresseur la suit. De plus ses nuits sont
habitées d'un rêve étrange, où elle se voit tueuse d'hommes
professionnelle, vengeant les femmes jalouses qui y mettent le prix.
Jess-tueuse y rencontre le beau Brian... qu'elle avait vu en rêve.

Un thriller fort étrange. Dans ce nouveau film, produit par le
Français transfuge Barbet Schroeder (Kiss Of Death, Desperate
Measures), un autre transfuge, le Chilien Raoul Ruiz (L'hypothèse du
tableau volé, L'oeil qui ment, Trois vies et une seule mort) s'amuse à
jouer avec le spectateur, en le faisant de plus en plus, et de plus en
plus vite, perdre les pédales. A chaque fois que l'histoire passe
d'une Jess à l'autre, on voit la jeune femme se réveiller. Le procédé
fait un peu penser à l'encore plus déroutant manga "Perfect Blue" (cf.
critique postée il y a un an).

Mis à part cela, Shattered Image n'est qu'un thriller psychologique
bien conventionnel. Anne Parillaud, qui avait joliment utilisé sa
fragilité dans Nikita, un rôle qui présente quelques similarités assez
évidentes avec l'un des personnages qu'elle joue ici, ne parvient pas
à donner beaucoup d'épaisseur à Jess. Autant la fragilité, ambigue
dans Nikita, donnait tout l'intérêt du personnage, autant la même
fragilité, ici sans nuance, enlève-t-elle la crédibilité; mais bien
sûr, le défi est ici plus difficile, puisqu'il s'agit d'incarner d'une
part une femme réellement fragile, et d'autre part une autre qui ne
l'est qu'en surface.

Quant à Baldwin, il reste l'acteur moyen qu'il a toujours été et qu'il
sera sans doute toujours. Son personnage ne semble pas beaucoup
susciter son intérêt, manque assez communicatif pour le spectateur.

Mais quoiqu'il en soit, Shattered Image reste un film intéressant, par
sa plongée shizophrène dans un esprit troublé. Dommage qu'il n'aille
pas vraiment jusqu'au bout de son principe même (à dénoument
similaire, Perfect Blue se montre bien plus déroutant).
--
Raphaël Goubet

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