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[Date Prev][Date Next][Date Index] [CRITIQUE] Shattered Image de Raoul Ruiz
"Shattered Image" de Raoul Ruiz (USA, 1998) avec William Baldwin, Anne Parillaud, Lisanne Falk, Graham Greene, Bulle Ogier... Scénario: Duane Poole. Produit par: Lloyd Silverman, Peter Hoffman & Barbet Schroeder Photo: Robby Muller. 90 min. Jess (Parillaud), jeune femme de riche famille, est en voyage de noce avec Brian, son mari (Baldwin) en Jamaïque, tentant d'oublier le traumatisme d'un viol dont Brian l'a sauvée. Mais elle a le pressentiment que son agresseur la suit. De plus ses nuits sont habitées d'un rêve étrange, où elle se voit tueuse d'hommes professionnelle, vengeant les femmes jalouses qui y mettent le prix. Jess-tueuse y rencontre le beau Brian... qu'elle avait vu en rêve. Un thriller fort étrange. Dans ce nouveau film, produit par le Français transfuge Barbet Schroeder (Kiss Of Death, Desperate Measures), un autre transfuge, le Chilien Raoul Ruiz (L'hypothèse du tableau volé, L'oeil qui ment, Trois vies et une seule mort) s'amuse à jouer avec le spectateur, en le faisant de plus en plus, et de plus en plus vite, perdre les pédales. A chaque fois que l'histoire passe d'une Jess à l'autre, on voit la jeune femme se réveiller. Le procédé fait un peu penser à l'encore plus déroutant manga "Perfect Blue" (cf. critique postée il y a un an). Mis à part cela, Shattered Image n'est qu'un thriller psychologique bien conventionnel. Anne Parillaud, qui avait joliment utilisé sa fragilité dans Nikita, un rôle qui présente quelques similarités assez évidentes avec l'un des personnages qu'elle joue ici, ne parvient pas à donner beaucoup d'épaisseur à Jess. Autant la fragilité, ambigue dans Nikita, donnait tout l'intérêt du personnage, autant la même fragilité, ici sans nuance, enlève-t-elle la crédibilité; mais bien sûr, le défi est ici plus difficile, puisqu'il s'agit d'incarner d'une part une femme réellement fragile, et d'autre part une autre qui ne l'est qu'en surface. Quant à Baldwin, il reste l'acteur moyen qu'il a toujours été et qu'il sera sans doute toujours. Son personnage ne semble pas beaucoup susciter son intérêt, manque assez communicatif pour le spectateur. Mais quoiqu'il en soit, Shattered Image reste un film intéressant, par sa plongée shizophrène dans un esprit troublé. Dommage qu'il n'aille pas vraiment jusqu'au bout de son principe même (à dénoument similaire, Perfect Blue se montre bien plus déroutant). -- Raphaël Goubet Bulk e-mail filter: please make sure the subject field of your reply begins with Re: or reply directly to goubet@skynet.be -- Contacter les modérateurs de fr.rec.cinema.selection: frcs-mod@alma.fr Les archives de fr.rec.cinema.selection: <URL:http://www.frcs.assoc-38.org/>
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