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[Date Prev][Date Next][Date Index] [CRITIQUE] Les amants du Pont-Neuf de Leos Carax
[Mod: Ceci est la deuxième publication d'un article déjà paru sur fr.rec.cinema.discussion] Bonsoir à tous(tes), Ceci n'est pas un programme télé, mais je lui inclus un petit pré en bulles, oui, cette chose qui semble follement amuser un certain Daniel B., très en forme (et pas n'importe laquelle) ces temps-ci. Et je lui adjoint une formule culte inhérente au traditionnel bulletin télé de Kronos, objet de drôlerie pour certains, ennuie pour d'autres : *Zlika Blika Honga* C'est parti : (destination inconnue ou presque) Anticipant la vague vaguement graveleuse (surtout grave) qui risque bientôt de débarquer sur le forum à grands coups de posts en provenance de deux gaillards bien connus (et cornus), frères d'un même et seul combat, je tapote ces quelques lignes pour défendre un film qui semble avoir à son actif plus de détracteurs que de tracteurs, j'ai nommé "Les amants du Pont-Neuf" de Leos Carax, le mot dit. Bien sûr, je ne nie pas une certaine naïveté, très présente (très très beaucoup même) lors de certaines scènes, mais qui se confond furtivement dans l'oeuvre tant le tout est emporté par un lyrisme à tout épreuve, au service d'une ode flamboyante à l'amour fou. Si amour fou, pas de raison, pas de faux-semblants, juste l'exaltation des sentiments, tel le feu d'artifices au beau milieu du film. Je vois déjà certains s'emporter et me rétorquer que le lyrisme sentimental et romantique est malvenu au cinéma (mais l'univers musical a-t-il lui aussi été contaminé ?), qu'il faut lire le bouquin de machin-bidule pour savoir pourquoi... Je ne sais pas, je suis peut-être trop jeune pour pouvoir comprendre, je n'ai surtout pas encore réussi à me muer en pierre, peut-être un jour, les années aidant..., j'ai bon espoir au train où c'est parti. Mais le lyrisme n'est pas une maladie contagieuse, ce n'est pas sale... C'est bien plus que la vie, c'est le témoignage de la vie. Que l'abstraction des sentiments n'est pas le seul et unique moyen de réussir un film, puisqu'il n'y a pas de règles, encore moins de dogmes (quoique...) dans le monde du cinéma. Une oeuvre lyrique peut-être réussie, et même plus encore, si affinités. J'en viens au film, je ne sais pas grand chose sur Carax, j'ai pas de notes ni d'écrits sur le monsieur, juste le film et quelques souvenirs. J'espère que ces quelques lignes ne font pas trop purée épaisse, et ce n'est pas grave si j'en rajoute quelques tartines, puisque ceci est mon dernier post sur le forum (snif). Je sais que tout le monde s'en cire, mais je vais regretter cette espace fringant de convivialité (snif, le retour), avec entre autres le prog télé du dieu Kronos, c'était devenu une habitude, une drogue. Mais aussi le sport préféré de Sébastien, la chasse aux newbies, et bien sûr le talent comique de Daniel (un gars bien), qui s'acharne corps et âmes depuis des lustres à nous refaire à lui tout seul l'intégrale du Houppeland de Tronchet, mais de fort belle façon. Quant à moi, l'on m'a dit qu'il y avait des trucs bien dans la vraie vie réelle, je vais donc lâcher les écrans pour aller voir de mes propres yeux... J'en arrive au film : L'intro, le passage sous le tunnel, sert de prétexte au réalisateur pour nous faire rentrer dans un monde, en l'occurence celui de Paris, de ses lumières, de sa vie nocturne, drapé d'un voile opaque, rendant plus difficile la perception. Le film baigne en effet dans une espèce d'irréalité, indescriptible et néanmoins très présente. Et ceci un peu en contresens du sujet traité, amenant à l'oeuvre une touche poétique, fortement teintée par ce qui pourrait être une note expérimentale. Après cette courte incursion fantomatique, le film se transforme vite en une sorte de documentaire, à la découverte de l'univers des créatures de la nuit, de ses clochards et de ses marginaux, avec un regard assez froid, distancié, presque en marge du reste du film. C'est la rencontre de deux paumés, dans un film où les dialogues semblent presque éclipsés par la violence des images, des plans et des situations. A l'instar de cette scène où Binoche trace le portrait de Lavant, truffé d'instants furtifs, d'éclairs de démence, captant l'instant présent avec force et fulgurance. C'est avant tout un cinéma de mouvements, d'ambiances et de magie, tel un conte de fée. Lavant, alter-ego de Carax, donne au film son rythme effréné, parfois démesuré, sans temps morts, avec une belle maîtrise de l'éclairage et des sons, accompagné à tout moment de l'impeccable Juliette Binoche. Sans oublier Gruber, dont le jeu semble être de loin le plus sobre. Je pense qu'il faut se mettre dans le contexte du film, des personnages (avec leur petite araignée dans la tête), pour pouvoir réellement passer outre les quelques scènes où tout paraît un peu exagéré, gros, voire hystérique. Le film parle aussi de la peur, de cette peur de s'attacher à quelque chose de défini, de dévoiler ses sentiments. A travers de superbes scènes (la visite nocturne du musée,...), Carax met en avant une belle palette de sentiments, torturés, entremêlés, à l'aide d'une remarquable beauté plastique. Les couleurs sont chatoyantes, les attitudes sont filmées avec autant de précision que les visages. C'est aussi un cri à la liberté, pour une certaine marginalité, revendiquée et affichée, à l'espoir contagieux, finalement très humain. Bon film à rire pour certains (coucou Danino), très bel essai pour d'autres, ce film ne peut sûrement pas laisser indifférent. Bon, je m'arrête ici car je faiblis, surtout que j'entre-aperçois un membre de l'ASF qui ne va pas rater cette occasion de se foutre de ma gueule. M'en fous, je serais déjà parti (mais pas mort) quand il lira ceci... A dans quelques années (putain, où il est mon mouchoir)... _____________________________________________________ HTTP://www.multimania.com/front777/citations (Cinéma) Je pars, mais le site reste sur le net et sera mis à jour par une tierce personne. Encore merci à tous ceux qui m'ont encouragé ! -- Contacter les modérateurs de fr.rec.cinema.selection: frcs-mod@alma.fr Les archives de fr.rec.cinema.selection: <URL:http://www.frcs.assoc-38.org/>
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