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[CRITIQUE] Abre Los Ojos de Alejandro Amenabar (1997)


  • Subject: [CRITIQUE] Abre Los Ojos de Alejandro Amenabar (1997)
  • From: goubet@usa.net (Goubet)
  • Date: 16 Mar 1999 18:14:48 GMT
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"Ouvre les yeux" (Abre Los Ojos) (Espagne, France, Italie, 1997) de
Alejandro Amenabar avec Eduardo Noriega, Penélope Cruz, Chete Lera,
Fele Martinez, Najwa Nimri, Gérard Barray, Jorge de Juan, Miguel
Palenzuela. Scénario: Alejandro Amenabar & Mateo Gil. Produit par José
Luis Cuerda. Montage: Maria Elena Sainz de Rozas. Musique Alejandro
Amenabar & Mariano Marin. Photo: Hans Burmann. 117 min.

César est jeune, beau et très riche. Alors de quoi il se plaint!? Son
problème à lui, c'est Nuria, avec qui il a eu la mauvaise idée de
coucher, et qui ne veut plus le lâcher. Même que quand il fête son
anniversaire chez lui, elle vient sans avoir été invitée. Mais ça
tombe bien, son meilleur copain Pelayo arrive avec la très belle
Sofià. Du coup, il en profite pour "faire semblant" de la draguer et
emmerder Nuria (et Pelayo aussi, d'ailleurs). Mais à force de faire
semblant, il en tombe amoureux. Quand, le lendemain matin, il sort de
l'appartement de Sofià, Nuria l'attend et l'emmène en voiture.
Complètement défoncée, elle envoie la voiture dans le décors. Nuria
meurt, mais César s'en sort. Complètement défiguré. A partir de là,
rien ne va plus. Une histoire de fou.

Avec son précédent et premier film, Tesis, Amenabar avait déjà
solidement troué le cul de certains d'entre moi, et d'autres peut-être
aussi. Thriller intelligent, subtil et haletant sur les snuff movies,
Tesis faisait éclater le talent fou de ce tout jeune réalisateur
espagnol. En reservant le couvert avec Ouvre les Yeux, le jeune génie
ibérique fait aussi fort.

Tesis montrait déjà sa capacité de traiter avec originalité de sujets
difficiles. S'appliquant ici au problème de l'illusion, au culte de la
beauté, il développe avec sobriété une histoire de plus en plus folle,
qui n'est pas sans rappeler l'univers schizophrène et oppressant de
David Cronenberg.

Sobre, Ouvre les Yeux l'est par son manque d'effets superflus, par la
simplicité et la beauté (quelques très belles images) de sa forme,
dégageant ainsi l'ambiance très particulière qui s'installe l'étude
d'un personnage qui, à l'inverse du canon conventionnel, échappe de
plus en plus à la compréhension du spectateur.

Avec une maîtrise technique réellement exceptionnelle pour un
réalisateur de cet âge, Amenabar (que je n'hésite plus aujourd'hui à
considérer comme l'un des réalisateurs les plus talentueux de sa
génération, au niveau mondial) échappe à tous les excès, évite les
obstacles de la facilité, surprend par son inventivité à chaque
minute.

"Ouvre les Yeux", sans doute le meilleur film espagnol depuis
plusieurs année, a remporté 7 Goyas (les Césars espagnols), dont celui
du meilleur scénario, de la meilleure réalisation et la meilleure
musique.
--
Raphaël Goubet

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