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[CRITIQUE] In Dreams de Neil Jordan (1998)


  • Subject: [CRITIQUE] In Dreams de Neil Jordan (1998)
  • From: goubet@usa.net (Goubet)
  • Date: 15 Mar 1999 15:37:23 GMT
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"In Dreams" de Neil Jordan (USA, 1998) avec Annette Benning, Robert
Downey Jr., Aidan Quinn, Stephen Rea... Photo: Darius Khondji. Ecrit
par Bruce Robinson & Neil Jordan, d'après "Doll's Eyes" de Bari Wood.
90 min.

Claire ne fait pas de beaux rêves. Depuis qu'une petite fille a été
enlevée, elle ne cesse de rêver à elle, dans les mains d'un homme dont
elle ne peut voir le visage, mais qui semble pas gentil du tout. Comme
elle est persuadée que la petite fille est en vie, Paul, son mari, va
à la police, où on ne le prend pas au sérieux: on vient de retrouver
le corps de la fillette. Quelques jours plus tard, Rebecca, leur fille
disparaît. Claire aurait-elle vu le futur?

Après "La compagnie des loups", "The Crying Game" ou "Entretien avec
un Vampire", on a pu se rendre compte que Neil Jordan a un style très
personnel et sophistiqué. Dès lors, il n'en est que plus intéressant
de le voir travailler avec l'un des meilleurs directeurs photos,
Darius Khondji, dont on a déjà vu le travail magnifique dans
"Delicatessen" et "La cité des enfants perdus" de Caro & Jeunet,
"Seven", "Alien Resurrection" ou "Stealing Beauty".

Avec In Dreams, Khondji réalise l'un de ses plus beaux travaux. Le
film est exceptionnelle merveille visuelle. Mêlé à l'intelligente mise
en scène de Jordan, il s'en dégage une grâce bien rare. Que ce soit
dans le bois, dans l'eau ou dans un asile de fou, la lumière se voit
comme tranformée, le lieu réinterprété. Pour peu, on se croirait dans
un rêve.

Le scénario part d'une idée assez banale (le rêve prémonitoire), mais
s'engage dans des voies plus originale, en se déplaçant peu à peu vers
les méandres de la folie. Pour autant, il ne fait pas d'In Dreams un
film passionnant: c'est un film lent, qui prend son temps, se
développe doucement, tout en ne durant que 90 min.

A voir aussi pour l'étonnante prestation de Annette Benning, tout à
fait remarquable dans le rôle de cette mère déchirée. Robert Downey
Jr., excellent acteur, interprète notamment de Chaplin, mais aussi
crooner (et auteur de la musique de When Harry Met Sally), retrouve,
après le décevant Copycat de Jon Amiel, un rôle de tueur malade. Mais
il a ici l'occasion de développer un personnage complexe, aussi
effrayant qu'émouvant.
--
Raphaël Goubet

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