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[Date Prev][Date Next][Date Index] [CRITIQUE] Arlington Road de Mark Pellington (1998)
"Arlington Road" de Mark Pellington (USA, 1998) avec Jeff Bridges, Tim Robbins, Joan Cusack... Ecrit par Ehren Krueger. Musique: Angelo Badalamenti & Tomandandy. 90 min. Michael Faraday, qui enseigne l'histoire à l'université, avec un cours sur l'extrême-droite américaine, a un voisin. Et le fils du voisin jouant avec des pétard, s'explose la tronche et marche, hagard, sur la route. Heureusement, Michael l'emmène à l'hopital. Du coup, lui et Oliver Lang, le voisin, deviennent très copains. Et Brady, remis de ses blessure idem avec Grant Faraday. Ça tombe bien: depuis la mort de sa mère, ancien agent du FBI, tuée dans une opération contre un présumé terroriste, Grant est un peu asocial. Mais Lang est-il vraiment aussi net qu'il s'efforce de le paraître? Impossible de parler de ce film sans sous-entendre la fin. Mais ça ne devrait peut-être pas gâcher le plaisir du film; vous voila prévenus. Un très bon thriller, par Pellington, surtout connu pour ses petits films pour MTV (le cosmonaute qui plante le drapeau MTV sur la lune, c'était lui). Fort bien réalisé, avec quelques très belles images, on sens une maîtrise technique particulière, acquise grâce au spot expérimental. Mais un film qui m'a beaucoup dérangé par son fatalisme, dans lequel il s'enfonce inexorablement. Arlington Road est un film amoral. Pas immoral, mais sans moralité aucune. Il parle d'actes immoraux sans rien mettre d'autre dans la balance, sans proposer de solution. Du coup, il ne me semble pas faire beaucoup avancer les choses. J'ai demandé au réalisateur la raison de ce fatalisme. Il m'a répondu que pour lui, l'important était de nommer les responsables. Belle idée, qui traverse en effet tout le film. Mais est-ce sufffisant? J'en doute fort. On ne peut, pour comparer, éviter d'évoquer Tim Robbins: acteur d'Arlington Road, auteur de deux films remarquables, et hautement moraux: plus récemment, Dead Man Walking, et avant, un autre film sur l'extrême-droite: Bob Roberts. Deux films sans happy end, mais avec un sens moral aigu. Tout ce qui manque à Arlington Road. L'essentiel, quoi. Bien sûr, on peut dire que Pellington essaye de choquer les consciences. Mais c'est un peu facile. Moins efficace et plus facile, en tout cas, que de tenir un discours moral intelligent. Alors il tombe dans la vacuité. Et c'est dommage, pour un si bon thriller. -- Raphaël Goubet Bulk e-mail filter: please make sure the subject field of your reply begins with Re: or reply directly to goubet@skynet.be -- Contacter les modérateurs de fr.rec.cinema.selection: frcs-mod@alma.fr Les archives de fr.rec.cinema.selection: <URL:http://www.frcs.assoc-38.org/>
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