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[CRITIQUE] Arlington Road de Mark Pellington (1998)


  • Subject: [CRITIQUE] Arlington Road de Mark Pellington (1998)
  • From: goubet@usa.net (Goubet)
  • Date: 15 Mar 1999 15:37:11 GMT
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"Arlington Road" de Mark Pellington (USA, 1998) avec Jeff Bridges, Tim
Robbins, Joan Cusack... Ecrit par Ehren Krueger. Musique: Angelo
Badalamenti & Tomandandy. 90 min.

Michael Faraday, qui enseigne l'histoire à l'université, avec un cours
sur l'extrême-droite américaine, a un voisin. Et le fils du voisin
jouant avec des pétard, s'explose la tronche et marche, hagard, sur la
route. Heureusement, Michael l'emmène à l'hopital. Du coup, lui et
Oliver Lang, le voisin, deviennent très copains. Et Brady, remis de
ses blessure idem avec Grant Faraday. Ça tombe bien: depuis la mort de
sa mère, ancien agent du FBI, tuée dans une opération contre un
présumé terroriste, Grant est un peu asocial. Mais Lang est-il
vraiment aussi net qu'il s'efforce de le paraître?

Impossible de parler de ce film sans sous-entendre la fin. Mais ça ne
devrait peut-être pas gâcher le plaisir du film; vous voila prévenus.

Un très bon thriller, par Pellington, surtout connu pour ses petits
films pour MTV (le cosmonaute qui plante le drapeau MTV sur la lune,
c'était lui). Fort bien réalisé, avec quelques très belles images, on
sens une maîtrise technique particulière, acquise grâce au spot
expérimental.

Mais un film qui m'a beaucoup dérangé par son fatalisme, dans lequel
il s'enfonce inexorablement. Arlington Road est un film amoral. Pas
immoral, mais sans moralité aucune. Il parle d'actes immoraux sans
rien mettre d'autre dans la balance, sans proposer de solution. Du
coup, il ne me semble pas faire beaucoup avancer les choses.

J'ai demandé au réalisateur la raison de ce fatalisme. Il m'a répondu
que pour lui, l'important était de nommer les responsables. Belle
idée, qui traverse en effet tout le film. Mais est-ce sufffisant? J'en
doute fort. On ne peut, pour comparer, éviter d'évoquer Tim Robbins:
acteur d'Arlington Road, auteur de deux films remarquables, et
hautement moraux: plus récemment, Dead Man Walking, et avant, un autre
film sur l'extrême-droite: Bob Roberts. Deux films sans happy end,
mais avec un sens moral aigu. Tout ce qui manque à Arlington Road.
L'essentiel, quoi.

Bien sûr, on peut dire que Pellington essaye de choquer les
consciences. Mais c'est un peu facile. Moins efficace et plus facile,
en tout cas, que de tenir un discours moral intelligent. Alors il
tombe dans la vacuité. Et c'est dommage, pour un si bon thriller.
--
Raphaël Goubet

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