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[Date Prev][Date Next][Date Index] [CRITIQUE] A la gloire de Shakespeare (fût-il) in Love
'Shakespeare in Love' est un film réussi, qui vaut 100 fois mieux ce que les courtes notules des journaux daignent lui accorderces jours-ci. Je pense notamment à deux éminents quotidiens, l'un du soir l'autre du matin, qui évacuent ce film d'un revers de main, avec des critiques d'une longueur inversement proportionnelle au nombre-record de nominations aux Oscars (13). Il faut vraiment être 'un coeur sec, un intellectuel froid, un parisien sclérosé' (comme dit l'autre), pour réagir de la sorte. Le film est réussi parcequ'il se fixe un objectif, qu'il s'y tient et qu'il le remplit parfaitement. Il se veut superficiel (et léger), et sans prétention autre que de faire aimer Shakespeare, faire découvrir Shakespeare, donner le goût de Shakespeare. Notamment aux jeunes. C'est déjà beaucoup. Et il y parvient parfaitement Inutile de faire de la retape : le film va marcher tout seul. Shakespeare in Love est l'opposé d'un film intellectuel (c'est sans doute ce que les critiques lui reprochent), à l'opposé d'un film 'prise de tête'. Oh bien sûr on est loin de Laurence Olivier. On n'est pas dans l'interprétation 'habitée'. On est loin (fort heureusement) également de Kenneth Branagh. Oh bien sûr JohnMadden (99 ?) ne propose pas une nouvelle lecture de l'oeuvre de Shakespeare, il ne propose pas SA vision de l'auteur, il ne fait pas oeuvre intellectuelle, il fait oeuvre sensuelle, tactile, émotionnelle. Et dans ce cadre, Shakespeare in Love parvient à son but 100 fois mieux que deux autres films récents qui s'étaient fixés le même objectif et qui avaient tous deux failli : *le 'Roméo et Juliette' avec DiCaprio et ClaireDanes qui, malgré sa réalisation sous acide, était complétement raté car son postulat de départ (transposer aujourd'hui en guerres de gangs la rivalité Montaigu-Capulet) était nul : il flinguait du même coup le coeur même de l'histoire, la scandaleuse et impensable (à l'époque) désobeissance des deux jeunes gens envers leurs parents,leurs familles et le choix de mariage qu'on leur propose, désobeissance désormais aussi courante à l'ère des flingues et de Garbage que l'acné sur le nez des adolescents. Bref une ineptie. *le 'Looking for Richard' de Pacino qui tentait de nous faire aimer Shakespeare, notamment Richard III, en nous expliquant pendant deux heures que la pièce était imbittable, parfaitement incompréhensible, en nous barbant, et en réalisant l'exploit de faire un film plus opaque que la pièce elle-même ; un rattage complet, en tout cas en ce qui concerne le grand public (même si j'ai bien saisi le côté passionnant pour tous nos amis théatreux du work-in-progress, de la quête impossible de Shakespeare, patati patata...) Ici, quand le générique de fin pointe son nez, outre se lever et applaudir à l'unisson des spectateurs de 1593 qui viennent d'assister à la première représention de Roméo et Juliette, on n'a qu'une seule envie : dévorer et se jeter sur tout ce qui a trait à Shakespeare. C'est peu et c'est immense à la fois. Post-Scriptum : Qui plus est Gwyneth Paltrow y est resplendissante, lumineuse, magnifique, qu'elle soit habillée (somptueusement, Oscar assuré du Meilleur Costume), ou dévétue. ;-) -- Tchao Arnaud -------------------------------------------------------- la liste Performa http://performa.listbot.com AppleTour99 et AppleExpo 99 http://www.chez.com/avanti/ Av@n'Ti!! http://home.nordnet.fr/~athuru/ --------------------------------------------------------------------- * Think Different * -- Contacter les modérateurs de fr.rec.cinema.selection: frcs-mod@alma.fr Les archives de fr.rec.cinema.selection: <URL:http://www.frcs.assoc-38.org/>
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