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[Date Prev][Date Next][Date Index] [CRITIQUE] Lola rennt, de Tom Tykwer, 1998.
[Mod: Ceci est la deuxième publication d'un article déjà paru sur
fr.rec.cinema.discussion]
"Lola rennt" ("Lola court") de Tom Tykwer, 1h21, 1998, Allemagne.
Site officiel: http://www.lolarennt.de/
Vu en VO au Cinéma Churchill, Liège, Belgique:
http://www.grignoux.be/
(date de sortie nationale belge: 7 avril 1999)
QQun a vu "Winterschläfer" ("Wintersleepers")
du même réalisateur ?
-- Attention, RÉVÉLATIONS ! --
Le futur de Manni s'annonce mal, il a vingt minutes pour
trouver 100 000 marks, somme d'argent qu'il devait apporter
à des hommes louches et aux lunettes noires après un
"échange" mais qu'il a idiotement oubliée dans le métro.
Avertie par téléphone, sa charmante copine Lola veut l'aider,
elle réfléchit...
Le temps d'introduire le récit, Tom Tykwer a déjà alterné
retours en arrière en noir & blanc, cartoons, et rapides
mouvements de caméras, à quoi s'est ajoutée une
musique électronique dynamique. Le générique est d'ailleurs
annonciateur, le réalisateur s'amuse avec nos yeux: éclairs
lumineux, couleurs saturées, effet d'éloignement amenant le
titre, etc.
Revenons en à Lola, vêtue de vert et de bleu clair, les
visages des personnes dont elle pense qu'elles pourraient
l'aider sont projetés irrégulièrement, pendant que la
caméra tourne avec rapidité autour d'elle, le tout
enveloppée par des beats électroniques (à la System 7, fire
album). C'est son papa qu'elle décide d'aller voir, Lola
quitte en courant son appartement sans écouter la voix (de
sa maman) qui réclame qu'elle lui rapporte du shampooing,
la caméra quitte à cet instant Lola et nous emmène là d'où
vient la voix, dans le salon, contourne le divan sur lequel
est affaissée sa maman - attirée par les boissons alcoolisées
et l'astrologie - et plonge vers un écran de télévision
où on retrouve Lola, dans un cartoon, qui devale les
escaliers menant à la porte d'entrée de l'immeuble.
Retour à la réalité, Lola s'élance dans les rues de Berlin,
la caméra la précède ou la suit, le temps pour nous de
contempler ses cheveux rouges chatoyants, son tatouage au
bas du ventre et son visage à la peau doucement tendue.
Dotée d'une bonne condition physique, Lola heurtera dans sa
course des passants dont l'avenir nous est suggéré par une
succession de photographies qui font sourire (un cycliste
qu'elle rencontre se cassera la figure, se mariera avec
l'infirmière qui le soigne) ou lugubres (une dame plutôt
désagréable sera atteinte de paralysie, ou mourra, on
intercepte l'image d'un tombeau dans un cimetière)...
Les infortunes de Lola se succèdent, son père qu'elle a
rejoint et en qui elle avait confiance ne la prend pas au
sérieux et la laisse en pleurs. Il reste peu de temps,
Lola court rejoindre son ami (l'écran est divisé en 3:
Lola qui court, Manni qui l'attend, l'horloge de la ville),
celui-ci perd patience et décide de commettre un hold-up
dans le grand magasin du coin. Arrivée, Lola l'aide,
ils s'échappent avec le butin, sont rattrapés par la police,
un des agents tire maladroitement et atteint Lola,
qui tombe lentement (ralenti) sur le sol. FIN ? Non.
On retrouve Lola et Manni en aparté, couchés sur le dos
dans un lit, les images sont rougeâtres, en amoureux ils se
questionnent (tu m'aimes ? etc.). Le récit fait marche
arrière, on est de nouveau dans l'appartement de Lola, elle
vient d'apprendre que son ami est en danger et quitte
l'appartement tout aussi rapidement, une autre musique
électronique complète la scène (à la Underworld, avec des
paroles), les premiers gestes sont identiques à la
"première version". Cependant, Lola croisera différemment
les passants, leurs réactions seront différentes, leur
futur suggéré aussi, elle trouvera son père dans un autre
contexte, ...
Le film rappelle Smoking - No Smoking pour les différents
évènements et leurs incidences, Trainspotting pour la
musique intense, son côté "jeune" et la course.
"Lola Rennt" se caractérise par un rythme trépidant,
un style clip-vidéo (travellings optiques, fondus, etc.),
un certain humour (notamment les variations entre
les versions de l'histoire, les futurs suggérés, etc.), le
mélange de cartoon, d'images vidéos "amateurs", etc.
Les personnages ne sont pas présentés longuement, on suit
simplement une courte période d'une journée de leur
jeunesse.
Certaines situations sont un peu bêtes (Lola a un cri
strident qui casse les verres...), mais ça n'a pas beaucoup
d'importance.
L'aspect visuel a été très travaillé mais le film n'en est
pas pour autant insipide. L'histoire n'est certes pas très
originale mais "contemporaine" (problèmes conjugaux, violence,
misère) et l'auteur communiquent avec nous (scènes avec
le clochard, légère moquerie par rapport à l'aigreur et au
recueillement religieux).
Les musiques ("techno") sont quasi omniprésentes
(parfois elles s'arrêtent et on entend uniquement le
souffle de Lola) et de qualité raisonnable.
Bref, un film qui ne me pas déplu. (ceci est une litote)
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