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[Realisateur] Tod Browning - part 5


  • Subject: [Realisateur] Tod Browning - part 5
  • From: aka.kronos@worldnet.fr (Kronos)
  • Date: 5 Feb 1999 19:08:25 GMT
  • Approved: frcs-mod@alma.fr
  • Followup-to: fr.rec.cinema.discussion
  • Newsgroups: fr.rec.cinema.selection,fr.rec.cinema.discussion
  • Organization: Un lapin? Un lapin de bois?
  • Reply-to: aka.kronos@worldnet.fr
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Tod Browning
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5ème Partie

(Pour ceux qui auraient manqué le début, les parties 1, 2, 3 et 4 sont
dans les archives de fr.rec.cinema.selection)


Browning est donc revenu en Californie, là il dirige deux films dans les
nouveaux studios de la Metro (il s'agit, si je ne m'abuse, des anciens
studios de Chaplin). D'abord "The Legion of Death", un film qui raconte
les aventures des femmes révolutionnaires en Russie, beaucoup de moyens
pour une production de prestige, destinée vraisemblablement à asseoir
la Metro à Hollywood. Le public réponds à l'appel et les critiques sont
plutôt bonnes, sans crier au génie on reconnaît au réalisateur Tod
Browning un grand savoir faire. C'est, par ailleurs, son premier 
véritable long métrage, au sens où on l'entends aujourd'hui, dans la
mesure où il comporte deux bobines supplémentaires (7 au lieu de 5
habituellement). Comme on tourne très vite à cette époque, Browning
met en scène, dans la foulée, "Revenge", un mélodrame situé dans une
petite ville du désert de l'Arizona. Une histoire de vengeance dans
laquelle Edith Storey quitte son Est chéri pour retrouver et tuer le
meurtrier de son fiancée. Peu d'informations et/ou de témoignage sur
ce film complètement oublié et même, certainement perdu.

Néanmoins les vraies production de prestige de la Metro se tournent 
toujours à New York, la cote de Browning étant au plus haut chez les
critiques et le public, ses patrons lui demandent (lui imposent devrai
je dire) de revenir tourner à New York. Un grand projet avec Ethel
Barrymore. Mais Browning se trouve très bien en Californie, il refuse et
romps son contrat avec la Metro. 

Petit rappel, environ trois ans plus tôt, un certain Carl Laemmle avait
acheté un grand terrain à Hollywood et créé une ville à part entière,
baptisée "Universal City". Browning frappe à la porte d'Universal et il
est immédiatement embauché pour s'occuper de la continuité sur le 
tournage de "Which Woman". Coup de chance ou coup monté :) le
réalisateur Harry Pollard tombe malade, Browning est chargé de le 
remplacer. Le film est reçu correctement, sans plus. Néanmoins il s'agit
d'un film important dans la carrière de Browning, car il lui permet de
rencontrer l'actrice principale, l'étrange Priscilla Dean. Pourquoi
étrange ? Hé bien c'est simplement physique, Priscilla Dean avait la 
particularité d'être dotée de jambes absolument immenses, par forcément
un avantage selon les canons de l'époque. Aucun réalisateur n'avait eu 
l'idée d'en tirer partie, on se contentait de la filmer uniquement en
plan américain, pour cacher ses "honteuses" guibolles. Browning, plus
malin, décide, au contraire, de construire un nouveau type de personnage
pour Priscilla, pour enfin montrer ses jambes à l'écran.

Ceci dit, avant de retrouver Priscilla Dean, Tod Browning tourne "The
Deciding Kiss" avec Eric Roberts et Winifred Greenwood, une histoire
sur l'éducation d'une enfant, que les critiques semblent avoir apprécié,
même si l'un d'entre eux remarquait que ni le scénariste ni le metteur
en scène ne devait avoir d'enfant  pour écrire des choses aussi
improbables. On peut noter une erreur dans "Dark Carnival...", les 
auteurs semblent avoir confondu, ou en tout cas, amalgamé "The Deciding
Kiss" et le film suivant de Browning "The Brazen Beauty". Justement 
c'est à l'occasion du tournage de "The Brazen Beauty" que Browning peut
diriger Priscilla Dean, il lui donne le rôle d'une dresseuse de chevaux,
ce qui lui convient parfaitement en tant que cavalière renommée. De 
plus, lorsqu'elle monte, la longueur de ses jambes passe beaucoup mieux
à l'écran :) L'histoire est celle d'une jeune femme souhaitant faire sa
place dans le haute société new-yorkaise, pas facile pour qui n'est pas
accompagné d'un homme. Le film marche bien et la critique est plutôt
bonne.

Pendant le dernier trimestre 1918, Browning tourne "Set Free", un mélo
assez classique. Un jeune femme rebelle fuit une vie facile, déguisée
en gitane (ce qui n'est pas sans rappeler les frasques de Browning lui
même). Scénario ennuyeux soulignent les critiques, mais bonne mise
en scène.

Cette année 1919 est importante pour Browning, le miraculé Irving G.
Thalberg (qui n'avait qu'un vingtaine d'année) venait de prendre la 
gestion des studios Universal (sous l'oeil approbateur de Laemmle qui
voyait en lui un génie). Thalberg apprécie particulièrement les films
de Browning qui traitent des milieux, disons "underground", il pense
que les sujets sur la pègre, les organisations secrètes, etc. 
conviennent parfaitement à Browning, il le pousse à continuer dans cette
voie. C'est ainsi qu'au début de l'année, Browning tourne "The Wicked
Darling" avec Priscilla Dean. Elle joue le rôle d'une chef de gang,
pickpocket, cambriolage, et toutes sortes de péripéties. Elle créé un
nouveau type de personnage, l'héroïne insoumise (à la société et aux
hommes) vicieuse et indépendante. Bien sur, à la fin, elle se range à 
chaques fois. Dans "The Wicked Darling", remarquablement accueilli par
la critique, Tod Browning fait deux autres rencontres essentielles, 
même si elles n'auront pas un effet immédiat. D'abord, l'un des acteurs
interprétant un des pickpockets du gang de Dean, n'est autre qu'un
certain Lon Chaney, encore peu connu, il deviendra (en partie grâce aux
films de Browning) le fameux "homme aux milles visages", l'un des 
acteurs les plus célèbres des temps du muet, une des plus grande star
internationale. L'autre rencontre qui va influencer, plus tard, la 
carrière de Browning, c'est avec le scénariste Waldemar Young. Bien que
ce dernier ne soit pas crédité pour l'écriture de "The Wicked Darling",
il semblerait, selon de nombreux témoignages, qu'il ait, en fait,
réécrit complètement l'histoire, attribuée contractuellement à Harvey H.
Gates.

Dans la foulée du succès de "The Wicked Darling" les studios offrent à
Browning, Dean et Waldemar Young l'occasion de rejouer le même style
d'histoire. Priscilla Dean est Blue Jean Billie, une voleuse renommée
qui se lance dans le kidnapping d'un riche noble anglais, duquel, bien
sur elle tombe amoureux. À mi film l'histoire semble pesée et emballée,
mais c'est sans compter sur Waldemar Young qui y rajoute un peu de 
piment, en effet, le fameux noble anglais, n'est autre qu'un autre 
prince de la cambriole qui essaye en fait de détrousser Blue Jean 
Billie. Les critiques sont surpris, et apprécient beaucoup un scénario
qui redonne du grain à moudre alors que le film semblait parti pour 
dérouler une histoire standard jusqu'à la fin.


La prochaine fois, la période Mary McLaren, Browning voleur de bijoux
(pour de vrai), et première désintoxication.

-- 
Kronos alias Christophe Rouvel
aka.kronos@worldnet.fr
un peu de lumière! http://www.lumiere.org/


-- 
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