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[Date Prev][Date Next][Date Index] [Realisateur] Tod Browning - part 5
Tod Browning ------------ 5ème Partie (Pour ceux qui auraient manqué le début, les parties 1, 2, 3 et 4 sont dans les archives de fr.rec.cinema.selection) Browning est donc revenu en Californie, là il dirige deux films dans les nouveaux studios de la Metro (il s'agit, si je ne m'abuse, des anciens studios de Chaplin). D'abord "The Legion of Death", un film qui raconte les aventures des femmes révolutionnaires en Russie, beaucoup de moyens pour une production de prestige, destinée vraisemblablement à asseoir la Metro à Hollywood. Le public réponds à l'appel et les critiques sont plutôt bonnes, sans crier au génie on reconnaît au réalisateur Tod Browning un grand savoir faire. C'est, par ailleurs, son premier véritable long métrage, au sens où on l'entends aujourd'hui, dans la mesure où il comporte deux bobines supplémentaires (7 au lieu de 5 habituellement). Comme on tourne très vite à cette époque, Browning met en scène, dans la foulée, "Revenge", un mélodrame situé dans une petite ville du désert de l'Arizona. Une histoire de vengeance dans laquelle Edith Storey quitte son Est chéri pour retrouver et tuer le meurtrier de son fiancée. Peu d'informations et/ou de témoignage sur ce film complètement oublié et même, certainement perdu. Néanmoins les vraies production de prestige de la Metro se tournent toujours à New York, la cote de Browning étant au plus haut chez les critiques et le public, ses patrons lui demandent (lui imposent devrai je dire) de revenir tourner à New York. Un grand projet avec Ethel Barrymore. Mais Browning se trouve très bien en Californie, il refuse et romps son contrat avec la Metro. Petit rappel, environ trois ans plus tôt, un certain Carl Laemmle avait acheté un grand terrain à Hollywood et créé une ville à part entière, baptisée "Universal City". Browning frappe à la porte d'Universal et il est immédiatement embauché pour s'occuper de la continuité sur le tournage de "Which Woman". Coup de chance ou coup monté :) le réalisateur Harry Pollard tombe malade, Browning est chargé de le remplacer. Le film est reçu correctement, sans plus. Néanmoins il s'agit d'un film important dans la carrière de Browning, car il lui permet de rencontrer l'actrice principale, l'étrange Priscilla Dean. Pourquoi étrange ? Hé bien c'est simplement physique, Priscilla Dean avait la particularité d'être dotée de jambes absolument immenses, par forcément un avantage selon les canons de l'époque. Aucun réalisateur n'avait eu l'idée d'en tirer partie, on se contentait de la filmer uniquement en plan américain, pour cacher ses "honteuses" guibolles. Browning, plus malin, décide, au contraire, de construire un nouveau type de personnage pour Priscilla, pour enfin montrer ses jambes à l'écran. Ceci dit, avant de retrouver Priscilla Dean, Tod Browning tourne "The Deciding Kiss" avec Eric Roberts et Winifred Greenwood, une histoire sur l'éducation d'une enfant, que les critiques semblent avoir apprécié, même si l'un d'entre eux remarquait que ni le scénariste ni le metteur en scène ne devait avoir d'enfant pour écrire des choses aussi improbables. On peut noter une erreur dans "Dark Carnival...", les auteurs semblent avoir confondu, ou en tout cas, amalgamé "The Deciding Kiss" et le film suivant de Browning "The Brazen Beauty". Justement c'est à l'occasion du tournage de "The Brazen Beauty" que Browning peut diriger Priscilla Dean, il lui donne le rôle d'une dresseuse de chevaux, ce qui lui convient parfaitement en tant que cavalière renommée. De plus, lorsqu'elle monte, la longueur de ses jambes passe beaucoup mieux à l'écran :) L'histoire est celle d'une jeune femme souhaitant faire sa place dans le haute société new-yorkaise, pas facile pour qui n'est pas accompagné d'un homme. Le film marche bien et la critique est plutôt bonne. Pendant le dernier trimestre 1918, Browning tourne "Set Free", un mélo assez classique. Un jeune femme rebelle fuit une vie facile, déguisée en gitane (ce qui n'est pas sans rappeler les frasques de Browning lui même). Scénario ennuyeux soulignent les critiques, mais bonne mise en scène. Cette année 1919 est importante pour Browning, le miraculé Irving G. Thalberg (qui n'avait qu'un vingtaine d'année) venait de prendre la gestion des studios Universal (sous l'oeil approbateur de Laemmle qui voyait en lui un génie). Thalberg apprécie particulièrement les films de Browning qui traitent des milieux, disons "underground", il pense que les sujets sur la pègre, les organisations secrètes, etc. conviennent parfaitement à Browning, il le pousse à continuer dans cette voie. C'est ainsi qu'au début de l'année, Browning tourne "The Wicked Darling" avec Priscilla Dean. Elle joue le rôle d'une chef de gang, pickpocket, cambriolage, et toutes sortes de péripéties. Elle créé un nouveau type de personnage, l'héroïne insoumise (à la société et aux hommes) vicieuse et indépendante. Bien sur, à la fin, elle se range à chaques fois. Dans "The Wicked Darling", remarquablement accueilli par la critique, Tod Browning fait deux autres rencontres essentielles, même si elles n'auront pas un effet immédiat. D'abord, l'un des acteurs interprétant un des pickpockets du gang de Dean, n'est autre qu'un certain Lon Chaney, encore peu connu, il deviendra (en partie grâce aux films de Browning) le fameux "homme aux milles visages", l'un des acteurs les plus célèbres des temps du muet, une des plus grande star internationale. L'autre rencontre qui va influencer, plus tard, la carrière de Browning, c'est avec le scénariste Waldemar Young. Bien que ce dernier ne soit pas crédité pour l'écriture de "The Wicked Darling", il semblerait, selon de nombreux témoignages, qu'il ait, en fait, réécrit complètement l'histoire, attribuée contractuellement à Harvey H. Gates. Dans la foulée du succès de "The Wicked Darling" les studios offrent à Browning, Dean et Waldemar Young l'occasion de rejouer le même style d'histoire. Priscilla Dean est Blue Jean Billie, une voleuse renommée qui se lance dans le kidnapping d'un riche noble anglais, duquel, bien sur elle tombe amoureux. À mi film l'histoire semble pesée et emballée, mais c'est sans compter sur Waldemar Young qui y rajoute un peu de piment, en effet, le fameux noble anglais, n'est autre qu'un autre prince de la cambriole qui essaye en fait de détrousser Blue Jean Billie. Les critiques sont surpris, et apprécient beaucoup un scénario qui redonne du grain à moudre alors que le film semblait parti pour dérouler une histoire standard jusqu'à la fin. La prochaine fois, la période Mary McLaren, Browning voleur de bijoux (pour de vrai), et première désintoxication. -- Kronos alias Christophe Rouvel aka.kronos@worldnet.fr un peu de lumière! http://www.lumiere.org/ -- Contacter les modérateurs de fr.rec.cinema.selection: frcs-mod@alma.fr Les archives de fr.rec.cinema.selection: <URL:http://www.frcs.assoc-38.org/>
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