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[CRITIQUE] High Art, les lesbiennes ne sont pas gaies


  • Subject: [CRITIQUE] High Art, les lesbiennes ne sont pas gaies
  • From: Pierre Guillemot <pierre.guillemot@wanadoo.fr>
  • Date: 10 Jan 1999 13:27:37 GMT
  • Approved: frcs-mod@alma.fr
  • Followup-to: fr.rec.cinema.discussion
  • Newsgroups: fr.rec.cinema.selection
  • Organization: personnelle
  • References: <3697E1A0.50361589@wanadoo.fr>
  • Xref: oceanite.cybercable.fr fr.rec.cinema.selection:178

[Mod: Ceci est la deuxième publication d'un article déjà paru sur
fr.rec.cinema.discussion]

Vu "High Art" hier soir, 22h, dans une des petites salles du Katorza.
Salle presque pleine, surtout des jeunes, pas mal de filles entre
elles. 

L'histoire: Syd, jeune Américaine blanche en bonne santé, commence sa
carrière à New York comme rédactrice-stagiaire et porte-café dans un
magazine de photo d'art branché. Elle a un appart, un jules gentil,
tout va bien sauf qu'elle aimerait monter en grade. Elle tombe par
hasard sur Lucy, vieille New-Yorkaise, héroïnomane, qui vit avec
Greta, Allemande non moins ravagée, dans le petit monde de l'art
pénible (ce qu'on a vu à l'hôtel de la Duchesse Anne , New York fin de
siècle à Nantes). Et Lucy photographie ça, et c'est très bon; Syd voit
sa chance, révéler à ses chefs un nouveau talent; pas de veine, c'est
une vielle gloire, qui a arrêté de publier; mais si Syd arrive à la
refaire travailler, on en fera la prochaine couverture du magazine
d'art branché. 
La suite est à l'horizon: Syd fera ce qu'il faut: se défoncer, dévouer
son corps, pour que ça marche pour elle. Ca finit mal.

Bon, ça se veut subtil, l'initiation à la vraie vie de la jeune
arriviste, la vielle qui se croyait le coeur tanné et qui fond à
nouveau, les dégâts de l'amour et de l'abandon. Avec une image en
couleur très joliment travaillée, les décors; des bureaux trop nets où
les meubles ont l'air d'être coupants, des appartements citadins
déglingués et étouffants, on a l'impression qu'il n'y a jamais de
fenêtres (il y en a mais on ne voit rien à travers) et brusquement le
dimanche à la campagne, un autre monde, d'autres couleurs. Petit
plaisir de voir mises en scène les images des images, ce qui vient de
se passer est devenu une photo et celle qui est dessus en discute
(Lelouch avait fait plus et mieux; "Hasards et coïncidences" et la
caméra vidéo).  
Et puis quand même, le film montre ce que les filles se font entre
elles. Pour une fois autrement que M6 le dimanche soir, et pas comme
les militantes de "Go fish". C'est beau et ça émeut (très, très voilé,
n'y allez pas pour ça, on en voit moins que sur la photo de
l'affiche). 
Mais avec tout ça la réalisatrice ne nous sort pas du petit monde de
l'art parisien (new-yorkais mondialisé cette fois, c'est pareil). Sauf
quand Lucy va chez sa très vieile maman Juive, qui n'oublie jamais de
rappeler à sa fille qu'elle vit, à son age, avec les sous que son papa
avait sortis d'Allemagne quand il était encore temps. Drôles de scènes
qui n'ont rien à voir avec le reste. Un morceau de l'histoire
personnelle de l'auteur ? 

Un film qu'on peut voir.

High Art, de Lisa Chodolenko, avec Ally Sheedy (Syd la jeune), Radha
Mitchell (Lucy la vieille), Tammy Grimes (Vera la maman). 
Le reste (très abondant) http://uk.imdb.com/Credits?High+Art+(1998)

-- 

Salutations numériques.

mailto:pierre.guillemot@wanadoo.fr

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