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[Date Prev][Date Next][Date Index] [CRITIQUE] KANZO SENSEI : Imamura m'a donne le foie
KANZO SENSEI Shohei Imamura, Japon 1998 PREAMBULE Selon moi, comme Woody Allen, Imamura fait partie des réalisateurs très (ou relativement) connus à l'étranger, mais sans succès dans leur propre pays. Détrompez-moi si je dis une bętise. Ce genre de réalisateur a le goût de produire des films avec ses propres repères culturels tout en les critiquant très vivement, et d'adresser cette critique à des étrangers. Cette habitude donne donc des films un peu étranges pour des spectacteurs qui n'ont pas ces préalables culturels et qui ne baignent pas dans l'univers de ces réalisateurs. D'où l'impression de quelquefois ne comprendre qu'une toute partie de ce qui a été raconté. CRITIQUE Ceci dit, je peux maintenant vous parler de ce joli film dont il me semble avoir raté une bonne moitié. Médecin de famille dans un trou perdu d'une province japonaise au cours de la seconde guerre mondiale, le Dr Agaki ne jure que par la « crise de foie ». À chaque malade qu'il trouve au bout de sa course - il ne fait que courir, c'est sa devise - il diagnostique la męme chose. Tant et tant qu'il est soupçonné d'ętre un charlatan et se fait surnommer « Docteur Foie (Kanzo Sensei) ». Aux côtés de ce personnage viennent se greffer d'autres annexes : l'infirmière femme de ménage guidée par le souvenir de sa mère qui lui interdisait la « bezgrattiss » et qui se prostitue un peu par habitude, un bonze alcoolique, un médecin morphinomane, un hollandais « qui en a une grosse ». Autour de la recherche opiniâtre qu'entreprend le Dr Agaki sur les cause du fléau national qu'est la crise de foie, et l'arrivée inopinée d'un prisonnier en fuite, Imamura montre pęle-męle : l'idiotie de la guerre et l'obéissance de petits chefaillons, conjuguées au patriotisme le plus étroit, mènent à la bętise cruelle ; la course aux l'honneurs, qui fait oublier la raison de vivre ; le sexe, moteur de la vie humaine. Difficile à décrire car il présente beaucoup de scènes entrecoupées par les cavalcades du docteur dans la campagne : entre scènes de bordel où la finesse féminine se prostitue avec la grossièreté masculine et enterrements boudhiste pré-dissection, on trouve beaucoup beaucoup d'autres choses. Par exemple : après avoir remercié la fille qui venait de dépuceler son fils (parce que les balles de fusils se dirigent d'abord vers les puceaux), une mère lui arrache un poil de foufoune comme porte-bonheur. Ou : une très jolie scène de chasse à la baleine, remake plus musclé du Grand Bleu, avec une baleine au lieu des dauphins, et une Yoko Tsuno au lieu de Jean-Marc Barr. C'est très joli, et pas ennuyeux. Mon seul bémol : je crains que ce film ne soit impossible à traduire, et que le mélange entre premier, second et troisième degré m'ait un peu fait rater le sens réel de beaucoup de scènes. Allez le voir. PS: Dans cette histoire, tous les personnages sont monomaniaques. Leurs manies obsessionnelles les poussent à toutes les folies. Le medecin avec le foie, le moine avec le sake, le chirurgien avec la morphine, la fille avec la baleine le comptable avec le cul, le soldat con avec les espions. C'est peut ętre un film autocritique et caricatural sur le travers Japonais. L'humour de l'autoderision. Pendant la guerre l'empereur lui męme avait ses obsesssions, seule une bombe monstrueuse peut mettre un terme à la folie monomaniaque. C'est a chaud, la nuit portera d'autres interpretations. Laurent http://www.chez.com/parpaing -- Contacter les modérateurs de fr.rec.cinema.selection: frcs-mod@alma.fr Les archives de fr.rec.cinema.selection: <URL:http://www.frcs.assoc-38.org/>
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