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[Realisateur] Tod Browning - part2


  • Subject: [Realisateur] Tod Browning - part2
  • From: aka.kronos@worldnet.fr (Kronos)
  • Date: 10 Dec 1998 13:55:49 GMT
  • Approved: frcs-mod@alma.fr
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  • Organization: Un lapin? Un lapin de bois?
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Tod Browning
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2ème Partie


(une liste de films cette semaine, un peu longuet, mais bon, c'est de
 l'info)

En mars 1915, Browning (considéré par la profession et les critiques 
comme un très bon acteur), demande à passer à la réalisation. Il dirige
onze courts, une ou deux bobines chacun, jusqu'en juin de la même année
(hé oui pratiquement un film tout les 10 jours, ça chômait pas). Pour
avoir une idée de ce qu'ils racontaient (ces films), il faut se
rapporter à d'anciens articles de journaux (Motion Pictures News, Moving
Pictures World, Variety, Reel Life, etc.), ou alors demander à ceux qui
les ont visionné. Voyons un peu tout ça dans l'ordre:


* "The Lucky Transfer"  Mars - 1915 - Une bobine
   avec Mary Alden et Tom Wilson

 L'histoire : Helen Holand, une journaliste, découvre où se cachent les
 cambrioleurs d'une bijouterie, s'approchant de leur repaire elle est
 capturée par l'un d'eux... Elle sera sauvée par Fields, un détective.

Un drame donc, comme premier film, et ce ne sera pas le dernier. Les
cambrioleurs n'en sont pas encore les héros, mais ça ne saurait tarder.


* "The Slave Girl" - Mars 1915 - Deux bobines
   avec Mary Alden, Otto Lincoln, Teddy Sampson

Ceux qui s'offusquent du contenu de "Naissance d'une nation" peuvent 
jeter un oeil au scénario de ce film, ils verront combien, à l'époque,
tout cela n'était que peu choquant:

 L'histoire : Un homme est tué par des indiens, et, sa petite fille Ida 
 enlevé puis vendue à un marchand d'esclave. Il l'a fait passer pour une
 métisse. Ses voisins, prit de pitié pour elle, achètent Ida. 12 ans
 plus tard, leur neveu vient leur rendre visite et tombe amoureux de
 Ida, joie bonheur, youpi! Mais mais mais...
 Arrgh, horreur chez les Markses, leur neveu ne PEUT PAS épouser une
 fille avec du sang de nègre !! 
 Heureusement (!) une autre métisse (une vraie celle là) apportera la
 preuve qu'Ida n'a que du bon sang de blanc, bien pur. 

Ben oui, j'avais prévenu, on est encore qu'en 1915...


* "An Image of the Past" - Mars 1915 - Une bobine
   avec Signe Auen, Charles Cosgrave, J.H. Allen

Où l'on peut voir, dans l'histoire, que Browning a certainement écrit le
scénario, pour pouvoir y placer quelque chose qui lui tenait à coeur.

 L'histoire : Une jeune fille épouse un artiste, contre l'avis de son
 père (celui de la jeune fille hein, parce que le père de l'artiste il
 s'en fout). Le père, donc, furieux, la déshérite. Qu'à cela ne tienne,
 ils vivront d'amour, d'eau fraîche, et de la vente des peintures. Mais,
 quelques années plus tard, le mari est très malade, la famille n'a pas
 un rond, et les enfants descendent dans la rue pour faire le spectacle
 déguisés et masqués (voilà le lien direct avec la jeunesse de
 Browning).
 Evidemment ils ne tardent pas à se produire près de la maison de leur 
 grand-père. Ce dernier, amusé par ces enfants masqués, les fait rentrer
 dans sa maison. Là, un des enfants s'étonne de voir un portrait de sa
 soeur (en fait c'est sa mère, ah ouaiiis). Le grand-père, étonné, 
 demande à la fille d'enlever son masque, et joie, bonheur, youpi, il
 comprends que ce sont ses petits enfants et débordant de remords, vole
 au secours de sa famille... Larmes, larmes, larmes, mélodrame typique
 de Browning, sur une trame classique il déniche au moins une bonne idée
 et ajoute quelque chose de personnel, du vécu.


* "The Highbinders" - Avril 1915 - Deux bobines
  avec Signe Auen, Eugène Pallette, Tom Wilson, Walter Long 

Un infernal mélodrame, aux relents tout aussi xénophobes que "The Slave
Girl", mais on change de communauté, faudrait pas toujours taper sur les
même. Les critiques parlent d'un mélo très classique, mais bien fait.

 L'histoire : Maggie, pour échapper à un mariage avec un gangster, se
 réfugie dans un magasin tenu par un chinois. Avec qui elle est mariée,
 de force, bien entendu. Ce dernier, 20 ans plus tard, cherche à vendre
 leur fille (Ah Woo, c'est le nom de la fille, rien à voir avec John) en
 esclavage. Jack Donovan, un irlandais, avec du bon sens, et du bon
 sang, sauve la petite Ah Woo des sociétés secrètes chinoise. Et comme
 c'est un mélo et qu'il faut payer ses "erreurs" très cher, Maggie se
 suicide.


* "The Story of a Story" - Avril 1915 - Une bobine
  avec Eugène Pallette et Miriam Cooper

  L'histoire : En gros c'est l'histoire d'un écrivain sans succès, qui
  rêve de son bouquin. En se réveillant il surprend sa fille en train de
  lire son nouveau manuscrit, rhoôôô, énervé, il lui arrache la liasse
  des mains, et la brûle (le manuscrit hein, pas sa fille). Il le
  réécrit en lui donnant une fin plus morale.

Le seul intérêt du film, si l'on en croit le Motion Picture News de 
l'époque, ce sont les effets spéciaux, mettant en scènes des petits 
personnages, entrant et sortant du livre pendant le rêve, et essayant
de s'échapper lorsque brûle le manuscrit. Premier contact de Browning
avec les effets spéciaux, en tant que réalisateur.


* "The Spell of the Poppy" - Mai 1915 - Deux bobines
  avec Eugène Pallette, Lucille Young, Joseph Henabery

 L'histoire : Encore un mélo, un joueur de piano (dans un bar chinois) 
 est aussi accroc à l'opium. Plein de bonnes intentions, il repart
 étudier le piano en promettant à sa compagne (Zuletta), qu'il reviendra
 la marier. Cinq ans plus tard, bardé de diplômes et nanti d'un talent
 reconnu, il la laisse finalement tomber pour la haute société. Le rat!
 Il y rencontre Margery, dans la haute société, à qui il donne des
 leçons de piano (et plus si affinités), et par ailleurs la rend accroc
 à l'opium (je vous l'avais bien dit). Mais Zuletta, entre temps, s'est
 trouvé un copain qui bosse à la police, et comme elle a la haine, elle
 dénonce son drogué d'ex-copain aux Stups. Et son nouveau copain, comme
 il est jaloux, il y va pas par quatre chemin, il fait abattre
 l'opiomane.

Radical hein ? On est bien loin du code Hayes. La critique ne s'y trompe
pas, le film est considéré comme de très bonne facture, mais bien trop
amoral pour être accessible au "tout public".


* "The Electric Alarm" - Mai 1915 - Une bobine
  avec Charles Gorman, Lillian Webster, Lucy Payton

C'est clair, j'adore celui-ci et rêve de le voir : 

 L'histoire : Un jeune électricien est en train d'installer une alarme
 incendie dans une ville de Pennsylvanie. Alors qu'il ne lui manque
 qu'un bon mètre de fil, pour finir la connexion à la cloche de la
 mairie, il voit au loin un train... Hors, ce train est censé 
 transporter sa bien aimée et sa future belle mère ! Stupeur, car le
 train se dirige droit sur un bel incendie ! Et l'alarme qui n'est pas
 branchée !! Prenant son courage, et les deux bouts de câble, à deux
 mains, Il choisit de se sacrifier en terminant la connexion avec son
 corps... La belle est sauvée. Bien sur il se remettra de ses
 terrrribles blessures, et aura même un gros chèque de la compagnie de
 chemin de fer, comme ça il peut se marier.

C'est y pas une belle histoire ça ?


* "The Living Death" - Juin 1915 - Deux bobines
  avec Fred A. turner, Billie West, Edward J. Peil

 L'histoire : Le Dr. Farrell à perdu sa femme et son fils, il reporte 
 tout son amour sur sa fille Naida. Ils déménagent en Californie où un
 voisin, Tom, tombe amoureux de Naida. Pas content le papa, mais après
 plein de péripéties (pas plus de deux bobines, quand même) dont une
 histoire de lèpre (goût de Browning pour la déchéance physique) il
 laissera faire.

Un mélodrame plutôt classique mais une très bonne critique: "Un drame
d'une grande force, bien joué et bien dirigé, en conséquence très
efficace" (extrait du Motion Picture News du 19 juin 1915)


* "The Burned Hand" - Juin 1915 - Deux bobines
  avec Miriam Cooper, William Hinckley, W.E. Lowery

 L'histoire : Le père et la mère de Marietta divorcent, son père ne peut
 pas obtenir la garde, il enlève Marietta et se réfugie dans un autre
 état à l'abri des poursuites. Il devient un politicien chevronné. Un
 étudiant (Billy) tombe amoureux de Marietta. Avec l'aide de ses amis
 ils l'enlèvent et s'enfuient. Mais Billy se brûle la main, facile pour
 le père de Marietta de retrouver un jeune homme à la main brûlée. Alors
 pour brouiller les pistes un de ses amis se brûle volontairement la
 main.

Du Browning typique, on retrouve l'aspect mélo, l'enlèvement, mais on
s'approche aussi de sujets comme "L'inconnu", notamment sous l'aspect
de la mutilation par amour (ici plutôt par amitié).


* "The Woman From Warrens" - Juin 1915 - Deux bobines
  avec Lucille Younge, Fred A. Turner, Illy Hutton, Charles West

 L'histoire : Pas grand chose, une vague histoire de jalousie, un gars
 malhonnête, un hôtelier, sa fille et l'héroïne. J'en sais pas plus.

Vraisemblablement un mélodrame extrêmement standard. Réalisé début 
juin.


* "Little Marie" - Juillet 1915 - 2 bobines
  avec Charles West, Signe Auen, Tom Wilson

 L'histoire : Un travailleur des chemins de fer, analphabète, demande 
 Bianca en mariage (parce que sa petite fille, d'un premier mariage,
 l'aime beaucoup). Bianca croit à une plaisanterie, Beppo n'ose pas la
 relancer, par peur du ridicule. En voyant Bianca discuter avec son
 patron, Sam, ils ont l'air assez proches, Beppo pète un plomb. Jaloux,
 Il décide de tuer son patron et de poser une bombe devant la porte de
 Bianca. Mais mais mais, Sam lui explique que Bianca est la soeur du 
 patron (et ben voilààààà) et tout est bien qui finit bien.

Là, on sent le manque total d'inspiration. Le film est réalisé début 
juin.



La semaine prochaine? L'alcool au volant, Intolérance et plein d'autres
films.

-- 
Kronos alias Christophe Rouvel
aka.kronos@worldnet.fr
un peu de lumière! http://www.lumiere.org/


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