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[Date Prev][Date Next][Date Index] [CRITIQUE] L'Ecole de la chair, de Benoit Jacquot
[Ceci est la deuxième publication d'un article déjà paru sur fr.rec.cinema.discussion] L'école de la chair de Benoit Jacquot Avec Isabelle Huppert, Olivier Martinez, Vincent Lindon. Décidément, dès qu'un cinéaste français essaye de parler du désir, pourquoi faut-il qu'il soit si ennuyeux et si exsangue ? La chair est triste, hélas, surtout avec Benoit Jacquot. Manifestement, le sujet ne passionnait pas tellement Benoit Jacquot en adaptant librement le livre de Michima. Dans cette transposition cinématographique, il n'y a plus rien du roman étrange et mystérieux du romancier japonais. André Techiné, dans Hôtel des Amériques, parvenait tout de même à nous séduire, là, c'est le néant total et un grand désastre. Plans fixes répétitifs et monotones, acteurs totalement désincarnés et inhabités (on a l'impression que le tandem Huppert-Martinez font l'amour par cerveau interposé), le film ne convainc pas une seule seconde. Pourtant, il y a de quoi faire : montrer une relation passionnelle entre un jeune homme et une femme de quarante ans devrait susciter et mobiliser l'énergie d'un cinéaste et emporter le spectateur dans un tourbillon charnel. Le sujet n'est pas nouveau mais bien peu de cinéastes ont réussi à nous faire entrevoir la mystérieuse alchimie de la passion. Ici ? Eh ! bien, non. Exit du désir qui peut nous prendre sans y prendre garde, exit les frémissements de la chair et des regards, exit la mystérieuse et troublante excitation d'un corps pour un autre, exit les problèmes intérieurs qu'une telle relation peut engager. Isabelle Huppert reste une triste et froide effigie, Olivier Martinez, un faux voyou pour publicité Café noir qui cherche vainement à nous convaincre de son désir, Vincent Lindon est une "folle" (très à la mode) totalement ridicule et pathétique et Danielle Dubroux, la copine qui sert simplement de déversoir au prétendu malaise d'Isabelle Huppert. Bref, il n'y a rien de sensuel, de charnel, d'émotionnel, de troublant, d'ambigu, de passionnel. A Cannes, c'est tout juste si on percevait ce que se disaient les comédiens et il fallait lire les sous-titres anglais pour comprendre. En espérant que cela n'était du qu'à l'urgence de montrer le film en compétition officielle et que d'ici là, une post-synchro aurait été faite. . _________________________________________________________ Yannick Rolandeau yrol@pratique.fr> Page d'accueil sur le cinema: http://www.pratique.fr/~yrol ou http://www.mygale.org/00/yrol/ "Dans un monde sans mélancolie, les rossignols se mettraient à roter." Cioran -- Contacter les modérateurs de fr.rec.cinema.selection: frcs-mod@alma.fr Les archives de fr.rec.cinema.selection: <URL:http://www.frcs.assoc-38.org/>
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