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[Realisateur] Jack Arnold - part 7


  • Subject: [Realisateur] Jack Arnold - part 7
  • From: kronos@hol.fr (Kronos)
  • Date: Thu, 01 Oct 1998 11:15:23 GMT
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Terence Fisher
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Septième et avant dernier épisode


Donc, la Souris va rugir:

En 1958, c'est l'été, Jack Arnold est contacté par un ami Julius Epstein
(oui oui, celui de Casablanca) pour venir rendre un petit service en
Angleterre. En fait c'est Carl Foreman qui vient d'acheter les droits
d'un petit roman (publié en épisode) et qui cherche un jeune réalisateur
pour le mettre en boîte (le roman, pas lui). Jack Arnold n'est plus
vraiment un jeune réalisateur, mais comme les producteurs entendent par
là un réalisateur pas cher, il convient très bien. Arnold trouve le 
sujet parfait, sous ses airs de comédie légère il permet tout de même 
d'égratigner le système militaire américain et, indirectement, la guerre
froide. Je vous en raconte un peu? allez, c'est l'histoire d'un tout 
petit pays européen, mais vraiment tout petit, dont l'économie ne 
dépends que de l'exportation de leur vin. Mais la Californie en fait une
imitation, noie le marché, et ruine le petit Duché. Le premier ministre
du Duché propose de déclarer la guerre aux États-Unis, sur de la perdre,
pour que ces derniers aident à la reconstruction du pays... Pas bête,
ils endossent leurs cotes de mailles, s'entraînent un peu à l'arc, et
partent pour New York. Suivront une quantité incroyable de "coups de 
chance", qui amènent la petite armée du Duché à ... J'arrête là, je ne
voudrais pas trop vous gâcher le plaisir.

En tout cas, cette petite comédie, qui n'a rien coûté, en profite pour
égratigner, avec finesse et sans trop de méchanceté, le libéralisme,
la bombe A, la bêtise militaire, bref, un vrai jeu de massacre avec des
balles en mousse. Arnold choisi de mélanger la satire à un système de
comédie plus classique, le slapstick (le match de Rugby avec la bombe,
un grand moment), et ça fonctionne. Surtout qu'un jeune comédien peu
connu se régalera du rôle principal, ni plus ni moins que Peter Sellers.

Les producteurs ont laissé faire Arnold, pas de pression, un budget 
minuscule de 450000$, un réalisateur expérimenté. Mais lors de la 
première projection ils sont atterrés, aucun ne rit. Carl Foreman est
très déçu, et ne doute pas un instant que les previews seront 
catastrophiques. Hé hé, tant mieux pour Arnold, les previews seront,
au contraire, une réussite totale. Les gens riaient si fort, raconte
Arnold, que l'on entendait plus la bande son. Du coup Foreman demande
qu'au générique "High Road Presents" soit remplacé par "Carl Foreman
Presents". 

"The Mouse that Roared" est l'une de mes petites comédies préférées, je
ne serais pas surpris d'apprendre qu'elle a inspirée un certain Kubrick
et son "Dr Strangelove" (c'est même certain). De plus Arnold avait pigé
un truc très important dans la comédie, il faut faire démarrer le rire
le plus vite possible, comme le ZAZ le fera avec des prégénériques, 
Arnold le fait avec le logo de Columbia (la statue de la liberté), un
logo considéré comme sacré, je vous en laisse la surprise.

Le seul soucis qu'il aura pendant le tournage sera l'incapacité de Jean
Seberg à s'adapter. Il du retourner de nombreuse scène, estimant qu'elle
était à coté de la plaque. En fait elle attendait simplement qu'Arnold
l'engueule, habituée qu'elle était à Otto Preminger. Arnold pris tout
le temps nécessaire pour qu'elle se sente à l'aise et donne le meilleur
d'elle même, n'empêche que visiblement elle n'est pas dans le ton, 
d'ailleurs il tournera quelques scènes sans elle. Quand à Peter Sellers,
Arnold s'aperçut rapidement qu'il ne pouvait pas s'empêcher d'improviser
et plutôt que de l'en empêcher, il le laisse faire le plus souvent
possible, riche idée. Il est intéressant de noter, par ailleurs, que
toute la première partie du film est construite comme un documentaire, 
et ça fonctionne très très bien, ça n'est pas vraiment étonnant pour
ceux
qui ont lu les premiers épisodes de cet article, Arnold fut formé par
le grand Flaherty.

Alors que "La souris qui rugissait" n'a jamais eu droit à une sortie
nationale (Wide Release) il rapportera plus de 50 millions de dollars.
Ce qui est, considérable, même aujourd'hui. Curieusement, ce film a été
oublié, alors qu'il mériterait bien plus que les quelques lignes polies
que l'on peut lire dans les ouvrages sur la comédie.

C'est le début des années 60, la fin de l'âge d'or, la télévision prend
le dessus, et Arnold va y travailler de plus en plus souvent. Il 
réalisera encore huit films pour le cinéma, peu intéressants pour la
plupart, on y reviendra dans quinze jours pour clore cet article, cause
la semaine prochaine j'aurais juste le temps du programme TV.

À dans quinze jours.


-- 
Kronos  aka Christophe Rouvel
kronos@hol.fr



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