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[CRITIQUE] Godzilla, 1998


  • Subject: [CRITIQUE] Godzilla, 1998
  • From: Manuel Bevand <onceupon@hol.fr>
  • Date: Tue, 22 Sep 1998 06:09:47 +0200
  • Approved: frcs-mod@alma.fr
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  • Organization: Club-Internet (France)
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* Godzilla *

1998, Roland Emmerich, Aventure/Fantastique 
Interprètes principaux: Jean reno, Matthew Broderick, Maria Pitillo,
Hank Azaria
NOTE: **1/2 (sur une échelle de ****)

Critique par Manuel Bevand


J'attendais Godzilla avec un certain manque d'intérêt. La plupart des
critiques, même outre-Atlantique présentaient les tribulations du gros
lézard bien pénible comme le dernier navet à la mode. De plus, Roland
Emmerich est célèbre pour une certaine aptitude à réaliser des films
qui, comment dire, sortent de la norme par leur côté navrant. Je ne
citerais au passage que Independence Day et StarGate (ca vous suffit?
z'en voulez encore? ARGGH non pitié, crie la foule suppliciée, ok
j'arrête).

Cependant, j'avoue qu'après visionnage, Godzilla n'est pas un si mauvais
film... il fut même amusant à suivre, et doté de franchement beaux
effets spéciaux, malgré des inepties évidentes dans un certain nombre de
domaines.

L'histoire, bon, vous l'aurez compris, tient sur un ticket de métro
écossais écolo (ceux qui ont vraiment horreur de gâcher le papier).
Suite aux essais nucléaires de nous, vils français, un gros lézard
mutant coule quelques bateaux, attaque New York, fait peur à tout le
monde (sauf aux acteurs), et décède dans d'atroces souffrances non sans
laisser présager un second opus pour bientôt. Sur sa route, on retrouve
Matthew Broderick dans le rôle d'un jeune et vaillant spécialiste en ..
en ... en quelque chose de scientifiquement vachement dur, Jean Reno en
tant qu'agent secret français vieux mais vaillant aussi, Maria Pitillo
en journaliste godiche de service et Hank Azaria dans le rôle d'Animal,
un caméraman que la lobotomie frontale a rendu top courageux.

Le film nous fait peu à peu découvrir le monstre, une formule fort
usitée (dans Alien par exemple) mais assez bien employée dans Godzilla.
La bête est énorme, tout comme l'histoire de sa naissance et les
réactions des humains qui grouillent autour, mais au moins, on s'amuse.
Plusieurs scènes d'action sont à couper le souffle: l'arrivée de
Godzilla dans New York, sa poursuite par des hélicoptères, sa chasse des
héros dans la ville, bref, un grand nombre de séquences proprement
réalisées et spectaculaires. 

La réalisation tient à peu près la route, quelques effets spéciaux
approximatifs sont à déplorer (Godzilla nage à peu près aussi vite qu'un
sous-marin mais il ne rattrape pas un vieux pêcheur qui coure sur un
ponton ...), et parfois les effets de distance et de taille sont
légèrement ratés. On est cependant tenté d'oublier ceci tant le reste
vous colle au siège comme un vulgaire chewing-gum déparfumé.

Le jeu des acteurs est ... euh ... en fait, on se demande dès le début
qui est le plus expressif, Godzilla ou Matthew Broderick. Ce dernier
semble posséder un jeu complet et varié, allant de l'expression
franchement ahurie à celle totalement stupide. Maria Pitillo en fait des
tonnes, Hank Azaria est imperturbable (et peu crédible). Quand à notre
fierté nationale Jean Reno, on ne peut que regretter qu'il ait été si
mal employé ... les longs plans de son visage faisant montre d'air
mystérieux et conspirateur ne m'ont pas plus convaincu que les blagues
"à la française" qui jalonnent le film. Les dialogues sont d'une ineptie
rare, et le grand nombre de scènes d'action laisse en fait peu de place
au talent (éventuel) des acteurs.

Si de nombreuses incohérence peuvent être décelées dans Godzilla, un
petit effort d'oubli du concept de logique vous permettra peut-être
d'apprécier un grand spectacle, très supérieur à Independance Day au
point de vue du rythme, et comportant bien moins de séquences
"marketing" (vous remarquerez au passage l'absence de chien ou autre
animal domestique favori des américains). 

Bien qu'une des séquences ait été pratiquement repompée sur Jurassic
Park, et que rien de particulièrement nouveau ou original ne ressorte de
ce film, cela n'empêche pas d'aimer. Au moins un peu. 

Manuel Bevand



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