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[Avis] Lantana (Lawrence, 2001)


  • Subject: [Avis] Lantana (Lawrence, 2001)
  • From: Vincent Fournols <vincent@fournols.org>
  • Date: 15 Oct 2002 22:00:02 GMT
  • Approved: frcs-mod@lists.freenix.org
  • Followup-to: fr.rec.cinema.discussion
  • Newsgroups: fr.rec.cinema.discussion,fr.rec.cinema.selection
  • Organization: Non, pitié, pas Noos...
  • Reply-to: vincent@fournols.org
  • Sender: modappbot@dspnet.claranet.fr
  • Xref: news.ecp.fr fr.rec.cinema.discussion:231385 fr.rec.cinema.selection:1131

Etonnant et remarquable film que ce polar australien, qui n'en est pas
vraiment un tout en l'étant parfaitement ! C'en est un car le film n'a pas
son pareil pour induire et aiguiller vers des fausses pistes ou laisser
plusieurs interprétations possibles, à commencer par essayer de déterminer
qui parmi les protagonistes est le cadavre qu'on voit dès le deuxième plan.

Mais au-delà de la pure enquête, le film vaut surtout par ses énormes
qualités de mise en scène : Lawrence sait instiller des ambiances, des
renseignements par une remarquable direction d'acteurs (surtout actrices)
et le simple jeu de sa caméra ou du montage, mieux qu'aucune description ne
saurait le faire. Il s'appuie également sur un scénario remarquablement
fouillé, tant dans les psychologies que les comportements, à étudier ce que
chacun fait de son corps et comment il utilise pour essayer d'être, de
communiquer, ou de (sur)vivre, du sourire à l'amour, du jogging aux bras
ballants, des larmes à la danse.

Dans Lantana, non seulement tout le monde a peut-être quelque chose à
cacher comme l'annonce platement l'accroche, il y a surtout beaucoup de
mots que la réalité dément et beaucoup de quiproquos (le terme
"misunderstanding" est plus précis en l'occurrence). 
D'une manière assez proche du "goût des autres" de Jaoui, chacun se heurte
à une réalité qui n'est pas celle qu'il envisageait (à commencer par le
spectateur lors de la révélation !), ou chacun projette une idée qui sera
perçue de travers par d'autres. Chacun cherche une vérité, mais sans éviter
le mensonge ou les dissimulations, mais contraints ou involontaires.

Il est rare de sentir autant de matière, de souffle dans un polar. Après le
très intéressant "Cercle intime" l'année dernière qui détournait
radicalement quelques poncifs du genre (le détective privé était une
lesbienne qui tombait dans les bras de Kelly McGillis, pulpeuse blonde sur
le retour !), le cinéma autralien a de quoi exporter des réalisations fort
réussies. Le film termine une belle carrière à Paris suite à sa sortie en
catimini au début de l'été.

PS : Quelqu'un saurait-il me dire quel rapport existe entre le film et son
titre ? ;-)
-- 
Vincent Fournols - vincent@fournols.org
Lumière sur le cinéma : http://www.lumiere.org

-- 
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