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[AVIS] Panic room (David Fincher -- 2002)


  • Subject: [AVIS] Panic room (David Fincher -- 2002)
  • From: Zyrtox <de.zyrtox@ztx.invalid>
  • Date: Mon, 23 Dec 2002 00:57:40 +0100
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  PANIC ROOM -+- http://french.imdb.com/Details?0258000
  De David Fincher. États-Unis. 2002. 1h52.
  Avec Jodie Foster (Meg Altman), Kristen Stewart (Sarah Altman), Forest
  Whitaker (Burnham), Dwight Yoakam (Raoul), Jared Leto (Junior).
  Scénario : David Koepp.
  Image : Darius Khondji et Conrad W. Hall.
  Musique : Howard Shore  


[N.B. : Cet avis ne donne qu'un modeste point de vue général sur le
film, et ne gâcherait pas réellement sa découverte pour quelqu'un ne
l'ayant jamais vu, bien qu'il aborde quelques-unes des situations du
film.]


Il est réellement difficile de s'exprimer sur la qualité intrinsèque du
cinéma américain moderne, dit « de consommation ». Preuve en est encore
donnée avec le récent « Panic room » de ce formidable monteur d'images
sophistiquées qu'est le fameux David Fincher, par ailleurs auteur des
très chiadés « Se7en », « Fight club » et autres « The Game », qui sont
-- soit dit en passant -- des réussites à des niveaux très divers.

En effet, tout est question de référent. Si l'on considère « Panic
room », on se rend compte qu'en tant que film américain supporté par
l'industrie du film, toujours aussi ronflante et cupide, ce dernier nous
fournit véritablement un spectacle de qualité, pour qui veut bien un
tant soit peu croire à l'histoire -- pas aussi idiote que d'habitude,
d'ailleurs. L'intrigue, bien que peu novatrice, est bien sentie et le
scénario de bonne facture, car à la fois il sert la forme avec talent et
il surprend le spectateur avec vraisemblance. Le script sert davantage à
de prétexte à la forme que le contraire. Comme d'habitude, quoi.

Sauf qu'à la différence de bon nombre de films américains, la forme est
très artistique et travaillée. La photographie de Darius Khondji,
habituel collaborateur de Fincher, ici accompagné de Conrad W. Hall, est
comme d'habitude magnifique. Et que l'on n'aille pas me dire que c'est à 
chaque fois la même chose, car ce ne serait que montrer son manque de
perspicacité et de précision face à son travail. Et puis, au-delà de
l'image, la mise en scène de Fincher est comme d'habitude réfléchie et
artistiquement aboutie. Le recours à l'effet spécial est très discret,
mais efficace, dans la mesure où il participe du climat d'angoisse que
ce film instaure.

Car celui-ci est avant tout un film à suspense assez classique, une
sorte de huis-clos avec technologie moderne à l'appui. Jodie Foster,
interprète principale du film, campe l'habituelle séquestrée et on
retrouve, comme d'habitude, des brigands que l'appât du gain rend plus
que stupides, qui veulent récupérer un butin se trouvant dans un
coffre-fort situé dans une salle impénétrable, où justement l'amie Jodie
se réfugie pour se sauver la vie. Bon, d'accord, sur ce coup-là,
l'habitué des scénarios hollywoodiens David Koepp n'a pas inventé la
poudre.

À côté de ces apparentes facilités scénaristiques que j'ai un peu
caricaturées, le film montre de jolies choses parfois, mais bénéficie
surtout de la faible concurrence des films américains actuels surfant 
sur cette vague, qui sont souvent de fort mauvaise facture. Alors,
évidemment, avec un metteur en images aussi talentueux que Fincher, on
ne peut qu'avoir un résultat meilleur. Mais, pour en revenir à la
problématique initiale, on peut tout de même se demander ce que vaut le
film en lui-même.

Et évidemment, dans cette optique, on ne fait que souligner toute la
faiblesse créative du film à suspense américain actuel. Autant Fincher
avait été fort convaincant dans son « Se7en » qui s'appuyait sur un
scénario, une mise en scène et une interprétation réussis, autant là, il
se trouve limité par un script très classique. Et, sachant que le
résultat de « Panic room » semble satisfaisant, cela en dit long sur les
très nombreux films du genre qui lui sont inférieurs.

Étant plutôt amateur du fameux genre, je ne peux que me réjouir quant au
résultat de la dernière mouture de Fincher, lorsque par exemple son
« The Game » bénéficiait d'un final complètement raté, ce qui le cloue
au sol comme un poids aux chevilles. Cependant, va-t-on encore longtemps
laisser le cinéma de suspense errer dans si peu d'inventivité ?

David Epelbaum -+- http://www.gattaca.org

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