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[Date Prev][Date Next][Date Index] [AVIS] PI - Darren Aronofsky (1998)
PI Usa, 1998, de Darren Aronofsky, NB, 84' Scénario: Darren Aronofsky, Sean Gullette, Eric Watson Photo: Matthew Libatique Montage: Oren Sarch Musique originale: Clint Mansell Musique additionnelle: Orbital, Massive Attack, Aphex Twin, Spacetime Continuum, David Holmes, etc. Production : Harvest Filmworks, Plantain Films, Protozoa Pictures, Truth and Soul Pictures Distribution : Mars Films Avec: Sean Gullette, Mark Margolis, Ben Shenkman, Samia Shoaib Générique complet: http://us.imdb.com/Details?0138704 Prix de la mise en scène, Festival du cinéma indépendant de Sundance (Usa) Musique: Clint Mansell, Orbital, Massive Attack, Aphex Twin, Spacetime Continuum, David Holmes Max Cohen (Sean Gullette ) est un jeune mathématicien de génie souffrant d'affreuses migraines à répétition et à la recherche d'une série de chiffres qui expliquera le secret de l'existence et, peut-être, de Dieu lui-même. Mais ses travaux attirent la convoitise de Juifs orthodoxes (qui y voient la révélation du mystère de la Kabbale) et de financiers de Wall Street, avides de détenir la clé du Marché. Max vit reclus dans son appartement où domine la présence d'ordinateurs... A la question : "Est-il primordial de comprendre et d'aimer les Mathématiques pour se retrouver à même de suivre et d'apprécier PI, le premier film de Darren Aronofsky ?", la réponse est : "Non, mais..." Non, car PI possède suffisamment de caractère et d'identité pour intéresser tout spectateur un tant soit peu ouvert à l'originalité. L'influence évidente sur Aronofsky de "Eraserhead" (1977), le premier film de David Lynch, largement évoqué par tous les critiques à la sortie en salles de PI n'invalide pas l'intérêt de ce dernier, au contraire. Il gagne en référence assez intelligemment digérée ce qu'il perd en pure "nouveauté". PI est avant tout un excellent film formel - réalisé en 16mm pour la très modique somme de 60 000 $ et tourné sans autorisation - où la mise en scène est systématiquement privilégiée par rapport au propos tenu. Ce qui explique que le spectateur peut être totalement rétif aux chiffres (le cas de l'auteur de ces lignes) et cependant ne pas décrocher du film. L'atmosphère de celui-ci, profondément tissée de paranoïa, accentuée par un Noir et Blanc très contrasté dont les nuances de gris sont exclues, constitue la principale réussite du film. Tout comme l'utilisation de focales "agressives", d'une caméra portée et d'une bande son hautement significative. Le Noir et Blanc excepté, ce sont d'ailleurs des traits caractéristiques que l'on retrouvera dans le deuxième long métrage de Darren Aronofsky (et premier grand succès public) "Requiem for a Dream". L'idée d'aliénation domine déjà très largement PI, de la drogue au sens à la fois commun et étendu. Prises multiples de cachets ou injections pour apaiser les migraines de Max confinant à des crises d'épilepsie (plans récurrents de ces prises que l'on retrouvera tels quels et de façon tout aussi répétée dans "Requiem for a Dream") avec hallucinations à la clé, mais aussi drogue des maths, de la religion, du pouvoir financier et économique. A la question initiale "Faut-il aimer les Maths pour apprécier PI ?", j'ai répondu "Non, mais..." En effet, il reste qu'il s'agit d'un plus pour comprendre de quoi il retourne exactement au niveau scénario. Car, dans le cas contraire (gageons pour la majorité des spectateurs) l'incompréhension la plus totale risque de régner parmi ceux pour qui le terme "séquence" ne renferme d'autre signification que cinématographique. Il est ainsi question dans ce film de mécanique quantique, de la théorie du chaos ou de l'étrange équation d'une spirale... Peut-être que le fait de ne pas comprendre grand-chose à l'histoire transforme le c½ur même de la quête de Max (et des autres protagonistes) en simple McGuffin avec pour effet de renforcer encore la paranoïa et l'importance de l'aspect formel du film qui la met en valeur. Quoi qu'il en soit donc, s'il n'arrive pas à la hauteur de son modèle présumé (Eraserhead précité, on peut aussi évoquer l'excellent et très étrange "Institut Benjamenta" de Stephen et Timothy Quay, 1995), et si on peut lui reprocher d'être un peu trop conscient de lui-même, PI n'en demeure pas moins une oeuvre tout à fait intéressante et personnelle. Note: d'après ce que j'ai pu comprendre, la recherche de Max est basée sur une "séquence" mathématique, soit une suite de nombres logiques appelée "séquence Fibonacci" et dans laquelle chaque nombre est le total des deux précédents: 1, 2, 3, 5, 8, 13, 21, 34, 55, 89, 144, 233, 377, 610, 987, 1597, 2584, etc. Le nombre d'or auquel s'arrête Max est 1 618 034. Philippe Serve [http://perso.club-internet.fr/pserve/Pi.html#Pi] -- "Ce siècle doit être celui des différences, et c'est sur elles que doivent se reconstruire non seulement des nations mais tout un monde. Rêver ne nous attriste pas." (Sous-commandant Marcos, porte-parole de l'Armée Zapatiste de Libération Nationale (EZLN), Mexique, 08/01/2001, La Jornada) Mon site sur le cinema: Ecrans pour nuits blanches (http://ecrans-pour-nuits-blanches.org) -- Publier sur fr.rec.cinema.selection : <URL:http://frc.selection.free.fr/> Archives de fr.rec.cinema.selection : <URL:http://ghanima.dyndns.org/frcs/>
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