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[Date Prev][Date Next][Date Index] [AVIS] Austin Powers : l'espion qui m'a tiree - Jay Roach (1999)
AUSTIN POWERS : L'ESPION QUI M'A TIREE
(Austin Powers : The Spy Who Shagged Me)
USA, 1999, de Jay Roach, Cl, 95'
Scénario: Mike Myers et Michael McCullers
Musiques originales: George S. Clinton, John Flansburgh, Susanna Hoffs,
John Linnell, Madonna, Debbi Peterson, Victoria Peterson
Photo: Ueli Steiger
Montage: Juel Bestrop et Jeanne McCarthy
Costumes: Deena Appel
Avec: Mike Myers, Heather Graham, Michael York, Robert Wagner, Rob Lowe,
Seth Green, Mindy Sterling, Verne Troyer, Elizabeth Hurley, Tim Robbins
Suite au premier épisode ("Austin Powers"), le sinistre Dr Evil (Mike
Myers) est revenu de l'espace où il avait été expédié et, à la faveur
d'un voyage dans le temps en 1969 s'est emparé du "Mojo" d'Austin,
autrement dit "la libido, le fluide sexuel, la sève essentielle, le
truc, ce que les Français appellent un certain "je ne sais quoi" " et
qui fait l'irrésistible succès de ce dernier auprès des femmes,
profitant de ce que l'agent secret était alors en état de congélation--
Austin, après avoir découvert pendant sa lune de miel que Vanessa
(Elizabeth Hurley), sa femme rencontrée lors du premier film, n'est
qu'un robot destructeur aux ordres du Dr Evil, part à son tour dans le
Swinging London-- Il a pour partenaire la très séduisante et bien nommée
Felicity Shagwell (Heather Graham), en version française Félicité Bonnebèze--
Encore plus "groovy", plus trash et plus scato (le personnage de Fat
Bastard, un Ecossais gros dégueulasse joué lui aussi par Mike Myers), le
deuxième épisode de Austin Powers trouve toute sa raison d'être une fois
plongé dans les triomphantes et bondissantes 60's. Dès la chanson du
générique ("Dr Evil" chantée par Robin "Goldie" Goldwasser), le film
parodie à tour de bras toute la série des James Bond - du personnage de
Frau Farbissina (Mindy Sterling) qui renvoie à celui de Rosa Klebb
interprété par la brechtienne Lotte Lenya dans "Bons Baisers de Russie"
(From Russia With Love, 1963) au mythique bikini de Honey Ryder (Ursula
Andress) dans "Dr No" (1962) en passant par le reflet dans l'½il comme
dans "Goldfinger" (1964) - agrémenté de quelques anciens décalques comme
celle des "Flint" (avec James Coburn).
Dire que tout cela débouche sur un résultat à la fois homogène et très
réussi serait exagéré. S'il contient de nombreux moments savoureux, il
souffre aussi de chutes de rythme évidemment préjudiciables dans un tel
contexte. Cette déperdition est davantage due à quelques gags ratés dans
leur conception même (autrement dit au scénario) qu'à la mise en scène.
Des ratés d'un côté, des réussites de l'autre. Ainsi, l'idée de "Mini
Me" (Verne Troyer), le clone au 1/8ème (!) du Dr Evil, petit être muet
et malfaisant pour qui son modèle se retrouve plein de tendresse, bien
plus qu'envers son propre fils Scott (Seth Green) lequel ne cesse de se
moquer de son père et de l'affubler du sobriquet de "ass" (crétin).
A la scène d'anthologie du premier épisode qui voyait Austin et Vanessa
se déplacer, nus, dans l'appartement avec toujours un objet quelconque
venant s'interposer entre le spectateur et les sexes des personnages,
répond ici une séquence très drôle où chaque enchaînement est provoqué
par les diverses appellations du sexe masculin mais toujours dans un
contexte différent.
Comme dit précédemment, le film abonde en références, pastiches, clins
d'oeils à des tas d'½uvres précédentes. Outre ceux pré-cités renvoyant
aux James Bond, on peut citer en vrac le feuilleton TV des années 60 "Au
c½ur du Temps" (The Time Tunnel), le film d'animation psychédélique
"Yellow Submarine" (1968), "Retour vers le futur" (Back to the Future),
L'Affaire Thomas Crown et sa partie d'échecs, Le Dictateur et son globe
terrestre, Jerry Maguire et ses dialogues, Independence Day et sa
destruction de la maison Blanche, etc. etc. [ on en trouvera la liste
ici: http://us.imdb.com/Mlinks?0145660]
Quelques gags restent très réussis comme le dysfonctionnement de Vanessa
qui va mettre Austin en alerte sur sa véritable nature ou la scène de la
tente sur l'île du Dr Evil.
Mike Myers domine encore plus ce deuxième épisode que le premier puisque
incarnant trois personnages (et même quatre si l'on compte le "Austin
moins 10 minutes"--). S'il serait très hasardeux de comparer sa/ses
performance(s) à celles d'un Peter Sellers également démultiplié dans
"Dr Folamour" (le film de Kubrick étant bien sûr très largement
supérieur à celui de Jay Roach et faisant lui aussi partie des clins
d'oeils), il n'en reste pas moins qu'il s'en sort plutôt très bien,
ayant l'intelligence de jouer le Dr Evil de façon assez sobre, réservant
la complète caricature à ses deux autres personnages, le poilu et
narcissique Austin Powers et l'horrible Fat Bastard (voir ce dernier
manger au lit a de quoi vous retourner l'estomac !).
Alors si AUSTIN POWERS, L'ESPION QUI M'A TIREE ne deviendra pas le film
préféré de l'auteur de ces lignes (contrairement, paraît-il, à un
certain George W. Bush--), il n'en reste pas moins un bon film de
divertissement qui, avec toutes ses références, ne peut qu'amuser les
cinéphiles.
Philippe Serve
05/06/2003
Vanessa: Tu fumes après l'amour ?
Austin: Je n'ai jamais regardé.
Général: Suggéreriez-vous de détruire la Lune ? (Are you suggesting
that we'd blow up the Moon ?)
Le Président des Usa: Elle vous manquerait ? (Would you miss it ?)
[critique + photos:
http://perso.club-internet.fr/pserve/Austin_Powers_Espion_qui_m_a_tiree.html#Austin_Powers2]
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"Quand on est dans la merde jusqu'au cou, il ne reste plus qu'à
chanter." (Samuel Beckett)
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