[Recherche]
[Date Prev][Date Next][Date Index]

[AVIS] Austin Powers : l'espion qui m'a tiree - Jay Roach (1999)


  • Subject: [AVIS] Austin Powers : l'espion qui m'a tiree - Jay Roach (1999)
  • From: Philippe Serve <pserve@club-internet.fr>
  • Date: 06 Jun 2003 11:55:04 GMT
  • Approved: frcs-mod@lists.freenix.org
  • Followup-to: fr.rec.cinema.discussion
  • Newsgroups: fr.rec.cinema.discussion,fr.rec.cinema.selection
  • Organization: Club-Internet / T-Online France
  • Sender: modappbot@dspnet.fr.eu.org
  • Xref: unknown fr.rec.cinema.discussion:9914 fr.rec.cinema.selection:62

AUSTIN POWERS : L'ESPION QUI M'A TIREE

(Austin Powers : The Spy Who Shagged Me)

USA, 1999, de Jay Roach, Cl, 95'

Scénario: Mike Myers et Michael McCullers
Musiques originales: George S. Clinton, John Flansburgh, Susanna Hoffs, 
John Linnell, Madonna, Debbi Peterson, Victoria Peterson
Photo: Ueli Steiger
Montage: Juel Bestrop et Jeanne McCarthy
Costumes: Deena Appel

Avec: Mike Myers, Heather Graham, Michael York, Robert Wagner, Rob Lowe, 
Seth Green, Mindy Sterling, Verne Troyer, Elizabeth Hurley, Tim Robbins


Suite au premier épisode ("Austin Powers"), le sinistre Dr Evil (Mike 
Myers) est revenu de l'espace où il avait été expédié et, à la faveur 
d'un voyage dans le temps en 1969 s'est emparé du "Mojo" d'Austin, 
autrement dit "la libido, le fluide sexuel, la sève essentielle, le 
truc, ce que les Français appellent un certain "je ne sais quoi" " et 
qui fait l'irrésistible succès de ce dernier auprès des femmes, 
profitant de ce que l'agent secret était alors en état de congélation-- 
Austin, après avoir découvert  pendant sa lune de miel que Vanessa 
(Elizabeth Hurley), sa femme rencontrée lors du premier film, n'est 
qu'un robot destructeur aux ordres du Dr Evil, part à son tour dans le 
Swinging London-- Il a pour partenaire la très séduisante et bien nommée 
Felicity Shagwell (Heather Graham), en version française Félicité Bonnebèze--

Encore plus "groovy", plus trash et plus scato (le personnage de Fat 
Bastard, un Ecossais gros dégueulasse joué lui aussi par Mike Myers), le 
deuxième épisode de Austin Powers trouve toute sa raison d'être une fois 
plongé dans les triomphantes et bondissantes 60's. Dès la chanson du 
générique ("Dr Evil" chantée par Robin "Goldie" Goldwasser), le film 
parodie à tour de bras toute la série des James Bond - du personnage de 
Frau Farbissina (Mindy Sterling) qui renvoie à celui de Rosa Klebb 
interprété par la brechtienne Lotte Lenya dans "Bons Baisers de Russie" 
(From Russia With Love, 1963) au mythique bikini de Honey Ryder (Ursula 
Andress) dans "Dr No" (1962) en passant par le reflet dans l'½il comme 
dans "Goldfinger" (1964) - agrémenté de quelques anciens décalques comme 
celle des "Flint" (avec James Coburn).

Dire que tout cela débouche sur un résultat à la fois homogène et très 
réussi serait exagéré. S'il contient de nombreux moments savoureux, il 
souffre aussi de chutes de rythme évidemment préjudiciables dans un tel 
contexte. Cette déperdition est davantage due à quelques gags ratés dans 
leur conception même (autrement dit au scénario) qu'à la mise en scène. 
Des ratés d'un côté, des réussites de l'autre. Ainsi, l'idée de "Mini 
Me" (Verne Troyer), le clone au 1/8ème (!) du Dr Evil, petit être muet 
et malfaisant pour qui son modèle se retrouve plein de tendresse, bien 
plus qu'envers son propre fils Scott (Seth Green) lequel ne cesse de se 
moquer de son père et de l'affubler du sobriquet de "ass" (crétin).
A la scène d'anthologie du premier épisode qui voyait Austin et Vanessa 
se déplacer, nus, dans l'appartement avec toujours un objet quelconque 
venant s'interposer entre le spectateur et les sexes des personnages, 
répond ici une séquence très drôle où chaque enchaînement est provoqué 
par les diverses appellations du sexe masculin mais toujours dans un 
contexte différent.

Comme dit précédemment, le film abonde en références, pastiches, clins 
d'oeils à des tas d'½uvres précédentes. Outre ceux pré-cités renvoyant 
aux James Bond, on peut citer en vrac le feuilleton TV des années 60 "Au 
c½ur du Temps" (The Time Tunnel), le film d'animation psychédélique 
"Yellow Submarine" (1968), "Retour vers le futur" (Back to the Future), 
L'Affaire Thomas Crown et sa partie d'échecs, Le Dictateur et son globe 
terrestre, Jerry Maguire et ses dialogues, Independence Day et sa 
destruction de la maison Blanche, etc. etc. [ on en trouvera la liste 
ici: http://us.imdb.com/Mlinks?0145660]
Quelques gags restent très réussis comme le dysfonctionnement de Vanessa 
qui va mettre Austin en alerte sur sa véritable nature ou la scène de la 
tente sur l'île du Dr Evil.

Mike Myers domine encore plus ce deuxième épisode que le premier puisque 
incarnant trois personnages (et même quatre si l'on compte le "Austin 
moins 10 minutes"--). S'il serait très hasardeux de comparer sa/ses 
performance(s) à celles d'un Peter Sellers également démultiplié dans 
"Dr Folamour" (le film de Kubrick étant bien sûr très largement 
supérieur à celui de Jay Roach et faisant lui aussi partie des clins 
d'oeils), il n'en reste pas moins qu'il s'en sort plutôt très bien, 
ayant l'intelligence de jouer le Dr Evil de façon assez sobre, réservant 
la complète caricature à ses deux autres personnages, le poilu et 
narcissique Austin Powers et l'horrible Fat Bastard (voir ce dernier 
manger au lit a de quoi vous retourner l'estomac !).

Alors si AUSTIN POWERS, L'ESPION QUI M'A TIREE ne deviendra pas le film 
préféré de l'auteur de ces lignes (contrairement, paraît-il, à un 
certain George W. Bush--), il n'en reste pas moins un bon film de 
divertissement qui, avec toutes ses références, ne peut qu'amuser les 
cinéphiles.

Philippe Serve
05/06/2003

Vanessa: Tu fumes après l'amour ?
Austin: Je n'ai jamais regardé.

Général:  Suggéreriez-vous de détruire la Lune ? (Are you suggesting 
that we'd blow up the Moon ?)
Le Président des Usa:  Elle vous manquerait ? (Would you miss it ?)

[critique + photos: 
http://perso.club-internet.fr/pserve/Austin_Powers_Espion_qui_m_a_tiree.html#Austin_Powers2]

-- 
"Quand on est dans la merde jusqu'au cou, il ne reste plus qu'à 
chanter." (Samuel Beckett)
Site perso cinema: Ecrans pour nuits blanches 
(http://perso.club-internet.fr/pserve)

-- 
Publier sur fr.rec.cinema.selection : <URL:http://frc.selection.free.fr/>
Archives de fr.rec.cinema.selection : <URL:http://ghanima.dyndns.org/frcs/>