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[Date Prev][Date Next][Date Index] [AVIS] Mr. Klein (Joseph Losey - 1976)
Mr. Klein Cinéma Réalisateur : Joseph Losey Acteurs : Alain Delon, Jean Bouise, Michael Lonsdale, Michel Aumont Sortie en salles : 1976 HISTOIRE Pendant l'occupation allemande à Paris, Robert Klein, un Alsacien qui rachète des oeuvres d'art à bas prix, reçoit, réexpédié, à son nom, le journal Les Informations juives qui n'est délivré que sur abonnement. Il découvre bientôt qu'un homonyme juif utilise son nom, et décide alors de remonter la piste qui le mènera à cet inconnu.Pendant l'occupation allemande à Paris, Robert Klein, un Alsacien qui rachète des oeuvres d'art à bas prix, reçoit, réexpédié, à son nom, le journal Les Informations juives qui n'est délivré que sur abonnement. Il découvre bientôt qu'un homonyme juif utilise son nom, et décide alors de remonter la piste qui le mènera à cet inconnu. CRITIQUE FILM De dumbledore, le 30 mai Quand Joseph Losey réalise Monsieur Klein le film est accueilli par une vague d'indifférence ou de rejets. On lui reproche d'avoir commis des erreurs (si ce n'est des fautes) de reconstitution, on lui reproche d'être un anglais avec un scénariste italien pour faire un film sur un sujet douloureux français. On explique l'échec public du film au fait qu'il se situe dans une vague "rétro" du cinéma français qui revient sur ces années de collaboration. En effet durant les années 70, la société française et le cinéma avec elle reviennent sur les années noires de la Seconde Guerre mondiale. Plusieurs ouvrages sont publiés pour dire que l'antisémitisme était très généralisé en France et que la haine des juifs n'était pas le fait de cas isolés. En 1972 sort le Chagrin et la Pitié documentaire sublime de Marcel Ophüls qui fait grand bruit et qui attise la polémique. Des films de fictions apparaissent sur le sujet : Les guichets du Louvre (1973) Lacombe Lucien (1974) Section Spéciale, Le vieux fusil (1975). Seulement et paradoxalement même, sous couvert de dénoncer une attitude française en présentant des "collabos", ces films sont construits de telle sorte que face à ses collabos il y a les méchants allemands qui les créent et des innocents, qui eux ne sont pas collabo et qui forment un groupe hétérogène auquel le public peut s'identifier. L'attitude "salaud" est toujours l'exception. Ce qui est fort rassurant pour le spectateur. Monsieur Klein va totalement à l'inverse de cela. Aucune présence allemande dans le Paris qui est ici montré. Aucune personne porteuse d'un discours résistant du genre "c'est pas juste", juste des individus qui continuent de vivre comme si de rien n'était, "normalement". Aucun personnage n'est là qui puisse nous rassurer en incarnant la révolte. Mais Joseph Losey, parce qu'il est étranger sans doute, va plus loin en essayant de ne pas rester trop proche de la période historique. S'il fait des fautes de reconstitution, c'est uniquement pour actualiser le thème qu'il traite: l'indifférence. Ce n'est pas qu'un film se passant en 1942 qu'il raconte, c'est un film actuel. De tous les films de Joseph Losey celui-ci est sans doute un des plus brillants quant à la mise en scène, la narration et l'ambiance que campe le réalisateur. L'histoire d'abord est d'une simplicité presque scolaire, mais elle est agrémentée de "petits détails" injustifiables qui donnent un ton proche du fantastique. Il est étonnant aussi de remarquer la similarité avec un autre Monsieur K que celui de Kafka: Monsieur Kaplan de La mort aux trousses. Dans les deux films, on retrouve l'idée d'un personnage dynamique, un homme d'affaire arriviste qui subit une méprise sur son identité. Tous deux vont essayer de traquer l'homme en réalité n'existe pas. Cette traque aboutira à une identification finale entre les deux personnages. Certaines scènes sont très similaires: la visite d'une maison située hors de la ville où a lieu une réception et qu'on découvre plus tard dans le film qu'elle était en réalité vide, ou bien le groom qui se promène avec une pancarte demandant Kaplan/Klein. La mise en scène est également somptueuse avec notamment l'appartement de Klein construit par Trauner de telle sorte qu'il n'y a pas deux portes qui se font face. L'impression qui s'en dégage est celle d'être toujours possiblement observé... Bref que du brillant chez ce Losey, même un Alain Delon qui trouve là un de ses plus beaux rôles. CRITIQUE DVD Mr. Klein Zone 2, France Editeur : Studio Canal Sortie : 11 mars 2003 Format vidéo : 16/9 Audio : Français (DD 2.0 Stereo) Sous-titres : Français Suppléments : - Bande-annonce - Documentaire - Biographie Joseph Losey Studio canal nous offre une très belle copie du film. Il y a certes quelques salissures sur le film mais vraiment pas grand chose. La lumière très noir et blanc est fidèlement transposée même si la compression n'est pas toujours top. Le son par contre est un peu décevant. Il faut souvent jouer de la télécommande pour entendre certains sons... Comme suppléments, on retiendra un documentaire d'une demi-heure sur le film. Quelques documents intéressants sont présents, notamment des extraits d'une interview de Losey qui explique ses intentions. Le producteur est également assez étonnant, avouant n'avoir rien compris au film et mettant l'échec public du film sur le compte de l'étoile de David présente sur l'affiche ! Egalement présents une bande-annonce et le déroulant d'une biographie sur Losey Critique écrite par Dumbledore, et disponible à l'adresse http://dvdtoile.com/CritiqueDvd.php?8323 -- spontex@dvdtoile.com www.dvdtoile.com : Toutes les sorties au cinema et en DVD. 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