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[AVIS] L'Homme au bras d'or (Otto Preminger - 1955)


  • Subject: [AVIS] L'Homme au bras d'or (Otto Preminger - 1955)
  • From: AlHolg <redaction@dvdtoile.com>
  • Date: Fri, 29 Aug 2003 13:21:31 +0200
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L'Homme au bras d'or
Cinéma

Titre original : The Man with the Golden Arm
Réalisateur : Otto Preminger
Acteurs : Frank Sinatra, Eleanor Parker, Kim Novak
Compositeur : Elmer Bernstein
Sortie : 1955


CRITIQUE FILM

De AlHolg, le 4 juillet à 13:52
Note du film : 5/6

"Toute ma vie a été : un jour..."

Addictions et artifices : tel pourrait être, en employant une formule à 
la Dostoïevski, le sous-titre du film de Preminger.
Le metteur en scène a déjà réalisé, onze ans auparavant, ce qui restera 
son chef-d'œuvre; Laura. Il sort d'un western (River of No Return) et 
d'une dramatique musicale (Carmen Jones). Ce qui prouve sa polyvalence 
(ou sa versatilité). Son matériau de départ est le roman de Nelson 
Algren paru en 1949 et qui a remporté le premier National Book Award 
l'année suivante. Il offre le rôle principal de Frankie Machine à Marlon 
Brando, supplanté par un Frank Sinatra déterminé à l'obtenir.
L'Homme au bras d'or défie les règles la censure (il n'obtiendra 
d'ailleurs pas le label de la Motion Picture Association of America) en 
décrivant, de manière réaliste, les affres de la dépendance à la drogue 
(l'héroïne, en l'occurence). Frankie Machine est tiraillé entre son 
désir sincère d'abandonner son addiction et la tentation, toujours 
présente d'y succomber "avec l'aide de ses amis" et parce que certaines 
situations révèlent la permanence de sa faiblesse. Il est aussi ballotté 
entre son rêve éveillé de devenir batteur dans un orchestre, ouverture 
vers une autre vie et son activité de "dealer" (au double-sens) de poker 
clandestin qui l'enferme dans son passé. Enfin partagé entre une amante, 
Molly-O, forte et bonne qui le valorise et une épouse invalide, dont il 
se sent responsable, Zosch, maladivement possessive, qui redoute tout 
changement dans la vie de son mari et l'infantilise ou le déprécie. Les 
dépendances sont donc multiples : la drogue, bien sûr, mais aussi 
l'argent, l'alcool, le jeu et, dépendance ultime et seule meurtrière, 
l'amour.
Dans un univers d'une telle noirceur, on ne peut avoir recours qu'aux 
artifices pour s'en sortir, ceux de l'héroïne, mais aussi du mensonge et 
de la dissimulation. Frankie Machine est "l'homme au bras d'or" (à 
défaut de l'être pour ses talents de musicien) à la fois pour la valeur 
des doses qu'il y injecte que pour sa capacité, grâce à sa maîtrise du 
bluff, à prendre l'argent sur une table de jeu. Zosch est une 
dissimulatrice qui tente de conserver son époux par la culpabilité et le 
remords. Sparrow vend des chiens dont il change la couleur au cirage, un 
médecin-charlatan propose des remèdes chimériques...
Tourné quasi intégralement en studio, la mise en scène de Preminger 
alterne, à l'image de son personnage principal, nervosité et lenteur. 
Bien qu'il ne fasse pas preuve de la virtuosité ou de l'habileté 
dramatique de son Anatomy of a Murder, il parvient à assurer un rythme à 
son récit et à agencer intelligemment les plans (utilisation de la 
profondeur de champs) pour lui donner une réelle intensité. Se manifeste 
clairement également un début d'indépendance vis-à-vis des studios, 
qu'il n'avait pu trouver depuis le début de sa carrière américaine. La 
musique jazz (une des premières fois que le genre est utilisé au cinéma) 
d'Elmer Bernstein, elle aussi nerveuse, participe pleinement aux 
ressorts du film tout comme les génériques aux formes géométriques de 
Saul Bass.
L'interprétation de Frank Sinatra est une des meilleures de sa carrière 
avec The Manchurian Candidate. Son jeu, dans un rôle sombre et 
difficile, est sobre et probant. La variété des sentiments qu'il exprime 
est riche de nuances. Sélectionné pour les Oscars en 1956, il s'est vu 
préférer Ernest Borgnine dans Marty de Delbert Mann. Kim Novak, dont 
c'est seulement le septième film, est lumineuse. Tout son talent 
dramatique est déjà là et elle donne à son personnage une profondeur 
inouïe. Eleanor Parker, elle aussi beauté un peu froide, à mille lieues 
de ses rôles habituels d'aventurières, parvient à mettre délicatement en 
relief le déséquilibre morbide de Zosch. Les personnages secondaires 
sont très bons également : Arnold Stang campe un touchant Sparrow, 
Darren McGavin en sournois pourvoyeur de drogue et Robert Strauss en 
perfide organisateur de parties de poker.


CRITIQUE DVD

L'Homme au bras d'or
Zone 2, France
Editeur : Fravidis
Sortie : juin 2003
Format vidéo : 4/3
Audio : Anglais (DD Mono)
Sous-titres : Français
Suppléments :
- Filmographies

Image : proposée au format 1.33 (4/3), la copie est décevante. Elle 
possède une définition assez faible, pas mal de tâches et défauts (avec 
un summum - qui ne dure que 0,04s. - à 4'48, cf photo). Mais on peut 
considérer que pour un film en n&b, cela n'est pas trop contrariant. 
Dans un cas comme celui-là, le fond prime sur la forme !
Son : pas excellente non plus, la monophonie d'origine, un peu sourde, 
n'arrive pas à mettre en valeur la musique d'Elmer Bernstein.
Supplément : bio-filmographie de Preminger.


http://dvdtoile.com/CritiqueDvd?12065

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