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[Date Prev][Date Next][Date Index] [AVIS] Coffret Krzysztof Kieslowski
Cinéma Exercices d'ateliers (court-métrage) Pologne Réalisateur : Marcel Lozinski Critique De dumbledore, le 28 juillet Note du film : 1/6 Ce court-métrage documentaire respire tout ce qu'on peut ne pas aimer dans un documentaire, à savoir la manipulation. Une question est posée à des adultes: que pensez vous de la jeunesse. Les images retenues montrent des gens qui refusent de parler, par peur, par manque de temps. Et quand ils parlent, leur réponse est toujours la même : notre jeunesse est en pleine déliquescence. Suivent alors les interviews des jeunes, très posés, très cohérents dans leur réponses et qui témoignent de leur envie d'"autre chose", d'une vie plus vraie. On reprend pour la troisième et dernière partie les mêmes intervenants adultes - avec une voix qui semble être un doublage – qui disent alors tout le bien qu'ils pensent de la "jeunesse géniale de notre pays". Tout respire la grossièreté dans ce film. On sent un documentaire à thèse (la jeunesse a raison et est honnête alors que les adultes sont froussards et manipulables) et non pas un documentaire à la recherche d'une vérité. La manipulation se trouve également dans la façon systématique de montrer les adultes fuyants dans la première partie et leur affubler un discours contradictoire (et visiblement truqué) lors de la troisième et dernière partie. Bref, un film de propagande ? Cinéma L'Office (court-métrage) Urzad Pologne Réalisateur : Krzysztof Kieslowski Acteur : Krzysztof Kowalewski Première sortie mondiale : 1966 Critique De dumbledore, le 28 juillet Note du film : 3/6 Pendant 5 minutes, Kieslowski montre des visages d'hommes et de femmes paumés, à peine lettrés, qui doivent faire face à une machinerie administrative trop complexe pour leur répondre efficacement. Au son, on entend la voix monocorde, sans émotion de l'employée qui incarne parfaitement par sa froideur, la machine administrative. Le contraste entre l'employée et les individus fait tout l'intérêt du film. On attend à ce qu'elle s'humanise, même une fois... Attente vaine, bien sûr. La fin est particulièrement terrible, avec des plans des couloirs entiers de dossiers éparpillés, que l'on imagine être les dossiers en attente ! Certes, le film montre parfaitement le côté kafkaïen d'une administration communiste procédurière, mais franchement, est-ce vraiment très différent chez nous? Cinéma Bouquet de chansons (court-métrage) Koncert zyczen Pologne Réalisateur : Krzysztof Kieslowski Première sortie mondiale : 1967 Critique De dumbledore, le 28 juillet Note du film : 2/6 Curieux court-métrage que cette réalisation de Kieslowski. On retrouve comme souvent chez lui une mise en scène très "réaliste" avec une caméra légère et un jeu des comédiens qu'on devine très libre. Plusieurs mouvements combinés de caméra et de personnages sont notamment très jolis. On devine également que ceux-ci sont des amateurs. Cela est visible surtout en ce qui concerne le garçon qui surjoue souvent (dans la mimique "pas contente" notamment). Par contre, le sujet, l'histoire en elle-même, reste assez flou. Sans doute le film est-il symbolique : la liberté du couple sur la moto est confrontée à la sécurité du groupe qui voyage en bus. Ce bus/société est une tentation pour la jeune femme pendant un temps, avant qu'elle réalise l'importance de ce risque qu'est la liberté. Elle revient finalement sur la moto et la vitesse. Etrange. Cinéma La Cicatrice Blizna
Acteurs : Franciszek Pieczka Mariusz Dmochowski Jerzy Stuhr Première sortie mondiale : 1976 Critique De dumbledore, le 28 juillet Note du film : 4/6 Le film étonne d'abord par un mélange entre deux styles. On a d'abord un certain réalisme, proche du documentaire, avec toutes les scènes "officielles", avec une caméra très proche des personnages, surtout filmés de profil sur fond neutre ou bien encore la description de la ville. Cela concerne aussi bien les réunions des politiques que celles des villageois face au projet. Ensuite, on a une mise en scène très esthétique, usant cette fois de l'inverse, à savoir des plans larges de groupes en actions, comme une machine qui avance et que rien n'arrêtera. C'est aussi bien le ballet des voitures, au tout début du film, qui s'arrête sur le futur lieu de l'usine, ou bien la destruction de la forêt et la construction de l'usine. Ces deux styles ont un sens, comme il se doit. Ils sont même le thème du film. Entre le réalisme cru et dur des relations humaines, forcément individualistes, et l'idéologie du groupe, le "plan" du parti et du pays, un homme doit se débattre pour satisfaire les uns et les autres. A travers son parcours, c'est toute la complexité de la situation dans laquelle il se trouve qui est exposée. Bednarz est un type bien. Son physique, son attache à la ville ou bien encore son dynamisme sont louables. Les auteurs n'ont voulu l'affubler d'aucune marque d'appartenance au Parti. Ce n'est pas un apparatchik. C'est un homme de bonne volonté. Ses difficultés, voire ses échecs, le rendent encore plus touchant, mais surtout rendent le monde dans lequel il évolue encore plus cruel et attristant. Le caractère terrible de son parcours met en évidence une réalité terrible : quand la haine ou tout simplement la souffrance, est trop grande, deux ennemis peuvent, par force de crainte ou de haine, se rejoindre. En l'occurence, la sphère politique intégriste de la dictature communiste et les pauvres villageois qui voient les agissements de cette classe politique d'un mauvais oeil. Voilà finalement la découverte que fait Bednarz, une cruelle découverte, à la fin du film. Il est viré. Il part. Mais quel va être son successeur ? Nul doute qu'il sera un homme avec moins de scrupules et plus de dureté pour les employés. Cruelle morale : on ne peut lutter que contre les tièdes, jamais contre les vrais intégristes... En 90 minutes, Kieslowski réussit à analyser le fonctionnement de l'organisation communiste. D'un côté, un peuple qui lutte pour garder les choses telles qu'elles sont encore, de peur que le changement apporte le pire. De l'autre, une hiérarchie accrochée à des "paroles d'évangile" du Parti qui n'a plus aucune prise sur la réalité. Le résultat donne une analyse passionnante, dépassée aujourd'hui, mais passionnante pour quiconque a envie de se tourner un peu vers le passé. Cinéma L'Amateur Amator Pologne Réalisateur : Krzysztof Kieslowski Acteurs : Jerzy Stuhr Malgorzata Zabkowska Première sortie mondiale : 1979 Critique De dumbledore, le 28 juillet Note du film : 5/6 "Chez Kafka, ce car volerait au-dessus des champs". Nous ne sommes pas chez Kafka, mais dans la réalité, alors le car ne fait que rouler sur une route qui "domine" les champs, filmés en contre-plongée. L'Amateur est sans doute le film le plus accessible de Kieslowski, le meilleur film pour entrer dans l'univers de ce grand cinéaste. Comme souvent dans les grands films, le principe est d'une simplicité désarmante: un futur père de famille achète une caméra pour filmer la naissance de sa fille et se découvre une vocation de "preneur d'images" qui va remettre toute sa vie en question. Bien évidemment, un cinéaste qui traite du cinéma est par essence toujours intéressant à condition toutefois que le réalisateur soit lui-même passionnant et doué. C'est le cas ici. Tout dans le film est d'une grande finesse et d'une grande justesse. Cela commence par le choix des comédiens. Lui est génial dans son manque de recul par rapport à sa passion. Sans jamais aucune arrière-pensée dans ses actions, il rappelle le prince de l'Idiot. Physiquement, il est tout en rondeur, un physique qui passe inaperçu, un Monsieur Tout Le Monde qui possède toutefois un regard d'une grande force. La femme également est très juste dans son incompréhension de ce cinéma qui se révèle être pour elle une terrible maîtresse. Même le patron communiste qui ressemble trop à un patron capitaliste est touchant dans sa peur d'être dépassé par cette passion dangereuse chez un de ses ouvriers. Ensuite, on trouve un scénario d'une grande finesse. Chaque rouage est très efficace et laisse également la part belle à la mise en scène. Le tout début, avec la naissance de la fille, est exemplaire : on reste du côté du père dans son milieu du travail et on voit ses collègues et lui aller de plus en plus vers l'ivresse à mesure que le moment de la naissance arrive. Simple, mais efficace. Tout le reste du film est du même acabit. Grande finesse et grande intelligence. Les thèmes qui découlent de ce principe et du film sont évidents mais efficaces. Cette nouvelle passion est pour l'ouvrier le moyen d'accéder à la liberté et de fait, il devient dangereux pour le pouvoir en place. La métaphore est poussée même au point que le geste de défi, la provocation ultime, n'est plus un doigt levé avec hargne mais un viseur fait avec quatre doigts. Ce n'est plus de la hargne qui motive le geste mais le désespoir de s'accrocher à une idée de Liberté faute de pouvoir s'accrocher à la Liberté même. Geste surprenant mais admirablement touchant car justement surprenant. Film à découvrir ! Cinéma Têtes parlantes (court-métrage) Gadajace glowy Pologne Réalisateur : Krzysztof Kieslowski Première sortie mondiale : 1980 Critique De dumbledore, le 28 juillet Note du film : 4/6 Si la vérité sort de la bouche des enfants, il est vrai aussi que leurs réponses sont souvent le reflet des pensées de leurs propres parents. Ainsi quand Kieslowski leur pose la question "Qui es-tu?" "Que voudrais-tu?", cela suscite chez ces petits Polonais nés dans les années 70 des réponses souvent surprenantes et touchantes. Eux ne se soucient guère de la Politique et de la censure, et on découvre à travers eux les petits rêves de leurs parents : que le pape vienne en Pologne, pouvoir aller aux Etats-Unis. Peu à peu les enfants grandissent et laissent place à des adolescents. Leurs réponses deviennent plus contradictoires. Certains reflètent les grandes idées de leur éducation : apprendre à être plus sociable, que le pays communique mieux, etc. D'autres expriment la difficulté de faire co-habiter leurs rêves, leurs désirs à la réalité. Arrivent ensuite les adultes. Au "qui suis-je", on ne répond plus par le prénom mais par la fonction "je suis chauffeur", "je suis ingénieur". Le discours est devenu plus nostalgique, plus triste. La réalité a gagné sur les rêves. Puis, les années de naissance nous plongent peu à peu dans le passé. On sent que lentement la nostalgie et le regret laissent place à autre chose : la joie de vivre. Le dernier témoignage, celui d'une centenaire, est sublime de bon sens et d'évidence. Quand on lui demande ce "Que voudrais-tu ?". Elle répond tout naturellement : "Vivre !" Comme souvent chez Kieslowski et chez tous les grands cinéastes, les thèmes du film qu'ils font dépassent l'anecdote de leur récit. Il serait en effet dommage de ne voir là qu'une simple critique de la déception dans le régime communiste. Le film montre tout simplement que cette déception est indissociable de tout individu et de toute société : enfant, on rêve de l'impossible, étudiant, on confronte ses envies à la réalité et adulte, on cultive souvent ses déceptions avant de revenir, vieillard, sur cette vie et apprécier cette vie pour ce qu'elle est : le seul véritable cadeau qui nous ait été fait. Cinéma Le Hasard Przypadek Réalisateur : Krzysztof Kieslowski Première sortie mondiale : 1982 Critique De dumbledore, le 28 juillet Note du film : 5/6 Le hasard est le film le plus complexe de Kieslowski aussi bien par sa structure que par les thèmes abordés. Le film commence sur plusieurs scènes au montage très serré, sans queue ni tête, des sortes de moments forts du passé du personnage principal, des flashes marquants et incompréhensibles dans le tout qu'il forme. Ensuite, on a trois versions de l'histoire, trois "possibles narratifs" : un jeune homme qui vient de perdre son père décide d'arrêter ses études de médecine et tente de prendre un train. Dans la première histoire, il prend le train de justesse et ce destin le conduit à entrer dans le Parti. Le même train raté, car arrêté par un policier, le conduit vers le destin du catholicisme et de la révolte. Pour la troisième version de l'histoire, c'est lui qui renonce de lui-même à prendre le train, (quand il voit celui-ci s'éloigner) et son destin le conduira à reprendre ses études. Kieslowski étant d'un pessimisme redoutable, ces trois destins mèneront notre héros à la défaite de sa vie, trois défaites différentes. Le premier destin le mènera en effet à dénoncer les amis de sa maîtresse et se faire jeter par celle-ci. Il acceptera au bout du compte à assumer d'être le salaud qu'il est. Il est choisi pour partir en France pour un congrés communiste, mais une grêve empêchera le départ. Le second destin l'amène à se faire baptiser pour adhérer à une opposition qui rappelle Solidarité. Une histoire amoureuse avec une jeune femme attirera sur lui les doutes de sa hiérarchie. Une rafle à laquelle il échappera par hasard lui donnera une réputation de traître. Lui qui devait partir à Paris pour réunir de la sympathie pour le mouvement sera condamné à quitter ce même mouvement. Le troisième destin l'amène à reprendre ses études. Il ne souhaite alors ni s'engager dans le Parti, ni signer une pétition pour aider des étudiants qui luttent contre le parti. Il souhaite rester neutre, et réussit alors sa vie. Il se marie, a une vie "normale" et agréable. De ces trois destins, seul celui-ci lui permet de monter dans l'avion qui le conduira vers la France et peut-être un nouveau destin, seulement l'avion explose en plein vol. Le pessimisme de Kieslowski est manifestement à l'oeuvre, décrivant l'homme moyen, qui évite toute forme de politique, comme étant le plus apte à approcher le bonheur, même s'il ne l'atteindra pas ! Finalement, pas de porte de sortie dans l'univers de Kieslowski. Il est amusant de voir que les trois histoires reposent sur le même schéma, réunissant des figures similaires. Une figure d'un père de substitution que notre personnage dépassera à la fin de l'histoire. Dans la première histoire, il s'agit d'un vieux communiste qui est en disgrâce et dont Witek se séparera pour entrer totalement dans le parti. Dans la seconde histoire, il s'agit d'un prêtre en chaise roulante qui le baptisera et le fera entrer dans la Résistance. Witek finira par le fuir, refusant ses conseils. Dans la dernière histoire, le Doyen joue ce rôle en lui laissant tout à la fois la liberté de ses actes et le guidant une fois ses décisions prises. Devant sauver son fils, le Doyen laissera sa place à Witek pour aller donner ses cours à l'étranger. L'élève prend ainsi la place du maître. Nous avons également une maîtresse qui a la particularité d'être connue de longue date avant de devenir la maîtresse de notre héros. C'est tout d'abord une amie d'enfance, ensuite, c'est la soeur d'un ami d'enfance, et pour finir il s'agit d'une étudiante, collègue d'étude. On trouve également en commun l'enjeu, l'aboutissement de ces trois carrières, un voyage à Paris. Dans la première histoire, c'est un congrès communiste, dans la seconde, des rencontres catholiques et dans la dernière des cours de médecine. Encore une fois, la force de Kieslowski est d'élargir le film du sujet politique propre au pays à un film qui traite de l'Humain dans sa globalité. Ici : qu'est-ce qui nous détermine dans les choix que nous faisons dans notre vie ? Destin ? Hasard ? Le destin soumet chacun d'entre nous à une écriture de ce que nous allons vivre ("Tout est écrit"), de nos choix. Le hasard nous déresponsabilise autrement : la liberté est présente dans l'équation, mais nous ne l'utilisons pas comme il se devrait puisque notre vie est déterminée par nos "non-choix", par les hasards de la vie. Finalement, qu'est-ce qui est le pire pour l'Homme : vivre sans liberté mais rêver d'elle, ou bien vivre avec la liberté et ne pas s'en servir? Alors entre Destin et Hasard, Kieslowski a évidemment choisi le terme le plus attristant : le Hasard. Cinéma Sans fin Bez konca Pologne Réalisateur : Krzysztof Kieslowski Directeur de la photographie : Jacek Petrycki Acteur : Grazyna Szapolowska Première sortie mondiale : 1985 Critique De dumbledore, le 28 juillet Note du film : 3/6 Kieslowski entremêle deux histoires durant tout son récit. D'un côté, l'histoire d'une femme qui vient de perdre d'une attaque cardiaque son mari avocat. Elle se retrouve seule avec un enfant et un deuil qu'elle n'arrive pas à faire. De l'autre côté, l'histoire du dernier cas que traitait l'avocat et qui se retrouve maintenant entre les mains de son ancien professeur. Le cas est celui d'un jeune gréviste emprisonné et qui refuse de quitter sa prison, préférant l'emprisonnement à l'abandon de ses croyances politiques. L'histoire du deuil est la plus touchante et la plus réussie car la plus directement humaine. La comédienne est particulièrement convaincante et on partage avec elle la douleur de cette absence si présente qui la hante, ce désir de l'autre qui semble comme exacerbé du fait même de la disparition et qu'elle comble par le fantasme. Tous les détails, les comportements sont d'une grande justesse et d'une grande crédibilité. L'histoire du cas Dariusz Stach est plus complexe, car plus symbolique et plus cérébrale. Un peu trop sans doute pour être "naturelle" et faire de ce film un tour harmonieux. On comprend très vite les intentions politiques du metteur en scène. La mort de l'avocat idéaliste correspond à l'arrivée de la loi martiale et sa mort incarne donc le symbole de la fin de l'espoir, de la liberté, la fin des grandes valeurs idéalistes. Darius est ainsi un double évident du mort, Antek. Emprisonné, c'est-à-dire déjà à moitié mort, quel issue a-t-il ? Si ce n'est rentrer dans le rang et donc se perdre lui-même. Deuil personnel. Deuil de ses idéaux. Que reste-t-il d'espoir, si ce n'est le fils qui semble prendre le chemin de son père... Critique DVD Coffret Krzysztof Kieslowski : Exercices d'ateliers (court-métrage) / L'Office (court-métrage) / Bouquet de chansons (court-métrage) / La Cicatrice / L'Amateur / Têtes parlantes (court-métrage) / Le Hasard / Sans fin Zone 2, France Editeur : mk2 Sortie : 7 mai 2003 Format vidéo : 16/9 Audio : Polonais (DD Mono) Sous-titres : Français Suppléments : - Bandes annonces de la collection - Préfaces de Thierry Jousse - La cicatrice - Court-métrage: "Bouquet de Chanson" (15mn) - Entretien avec Slawomir Idziak (6mn) - Entretien avec Michael Zarnecki (20mn) - Entretien avec Agneska Holland (15mn) - Amateur - Court-métrage : "Têtes parlantes" (15mn) - Entretien avec Krzysztof Zanussi (18mn) - Entretien avec Agneska Holland (5mn) - Entretien avec Annette Insdorff (12mn) - Le Hasard - Court-métrage : "Exercices d'atelier" (12min) - Entretien avec Irena Strzakowska (21mn) - Entretien avec Annette Insdorff (10mn) - Entretien avec Agneska Holland (5mn) - Sans fin - Court-métrage: "L'office" (5mn) - Entretien avec Grazyna Szapolowska (7mn) - Entretien avec Jacek Petrycki (27mn) La cicatrice Image : Elle n'est pas très enthousiasmante. Certes le master est de belle qualité, avec très peur de défauts de pellicule. Seulement, l'image va tantôt dans le très (trop) sombre dans les basses lumières et très (trop) surexposé, presque brûlée dans les scènes très lumineuses. Le film manque également souvent de netteté. Son : Seule une VO sous-titrée en français est présente, avec une piste en simple stéréo. Pas très gênant tant le film laisse place au minimalisme au son, laissant la plus grande part aux dialogues. Suppléments : Comme pour les autres films de cette série Kieslowski, on retrouve une Préface de Thierry Jousse (5 min) qu'il vaut mieux considérer comme une post-face et écouter après avoir vu le film. On trouve également une série d'interviews. Cette fois-ci, on en a trois. Celui du chef opérateur d'abord, Entretien avec Slawomir Idziak (6mn). Il revient sur sa rencontre et son travail sur le documentaire en s'attardant notamment sur la difficulté de faire une lumière "réaliste" qui face documentaire/vérité et non pas fiction. On également un Entretien avec Michael Zarnecki (20mn), à savoir l''ingénieur du son. Le personnage est assez amusant. Pas de langue de bois : il ne se souvient pas quand il a rencontré le réalisateur car ce n'était pas marquant. Peu de souvenir sur refrain (court-métrage), leur premier film ensemble, car également cela ne fut pas marquant. Seulement, assez vite, on sent que l'absence de langue de bois vient d'un certain égocentrisme, le bonhomme se définissant lui-même comme bien au-dessus de la moyenne. Au résultat, l'interview ne nous apprend pas grand chose sur le réalisateur ou bien sur le film. Juste une information - pas vraiment surprenante - comme quoi Kieslowski tenait au son direct (refusant la post-synchro) par souci de réalité, refusant de "tricher" en ajoutant une voix différente de celle de l'image. Pour terminer, nous avons un Entretien avec Agneska Holland (15mn). La cinéaste revient sur sa relation avec Kieslowski qui était pour elle un ami et un compagnon de travail. Elle s'attarde surtout sur le côté politique de Kieslowski et sur les difficultés à travailler en Pologne sous la dictature. L'entretien est très intéressant. Dommage toutefois qu'il faille faire un effort d'oreille pour comprendre la réalisatrice et que celle-ci soit si peu éclairée ! Le troisième supplément (sans compter la bande-annonce incontournable) Court-métrage de Kieslowski. Bouquet de Chansons. La copie est particulièrement abîmée, le contraste souvent trop appuyé et le son nasillard. On regrettera également que certains passages radios ou des dialogues d'ambiance ne soient pas sous-titrés. L'Amateur Images : Plutôt belles dans l'ensemble dans une gamme chromatique proche du noir et blanc. Le contraste est également correct et la compression acceptable. Il y a toutefois quelques défauts de pellicule, comme un plan rayé vers 1h39 ou bien quelques salissures. Sons : Clair dans les dialogues, avec peu d'ambiance. Suppléments : A part la bande-annonce de la collection, on trouve la Préface de Thierry Jousse, un peu convenue, on retrouve une série de 3 interviews. La première, Entretien avec Krzysztof Zanussi (18mn) offre la parole à son producteur et ami, également réalisateur. Il avait un poste supérieur dans l'organisme de production de films en Pologne et partageait avec lui les envies de faire des films "libres" tout en devant supporter le risque d'enfreindre la parole officielle. Il revient d'une manière intéressante sur le personnage de Kieslowski et sur ses films qui auraient mérité une reconnaissance moins tardive que celle qu'il a eue. Il s'arrête également assez longuement sur la pression politique sur les cinéastes de l'époque. L'entretien avec Agneska Holland (5 mn) est touchant. La réalisatrice raconte comment Kieslowski et elle ont eu la même idée de film (tournant autour du personnage de l'amateur de cinéma), seulement Kieslowski avait été plus rapide qu'elle pour écrire et faire le film. Un peu trop anecdotique, l'interview est toutefois bon enfant. L'Entretien avec Annette Insdorff (12mn) est l'occasion pour la traductrice anglaise de Kieslowski d'apporter son analyse du film. Un peu redondante avec l'introduction de Thierry Jousse, cette intervention permet toutefois de proposer une analyse très (trop?) pédagogique du film, mettant tous les points sur tous les i. Cerise sur le gâteau, un Court-métrage : "Têtes parlantes" (15mn), avec une image propre et un son très clair. Le hasard Images: Belles dans l'ensemble. Le master est propre malgré quelques plans rayés (47ème mn, 51ème mn, etc) et la compression solide. Le rendu des couleurs s'effectue dans une gamme proche du noir et blanc, volonté sans doute de la mise en scène. Il y a toutefois quelques fluctuations de luminosité dans certains plans. Son: La seule piste VO sous-titrée est claire. Peu d'effets, juste une stéréo basique qui offre toutefois un rendu très clair des paroles. Peu d'ambiance. Suppléments: On trouve d'abord Exercices d'ateliers" (12mn), un court métrage réalisé par Marcel Lozinski. Pas de Kieslowski au générique et on se demande ce qu'il fait là. L'image est relativement sombre et manque de définition. Le son est un peu nasillard. Concernant le Hasard, on a d'abord la présentation de Thierry Jousse qui est un peu trop redondante avec le film qu'il dévoile par ailleurs (mieux vaut donc l'écouter à la fin du film). Pas vraiment d'analyse poussée. Cette présentation est également très redondante avec l'Entretien avec Annette Insdorff (10mn), la traductrice anglaise de Kiesloswki, qui raconte le film sans vraiment l'analyser. Les deux autres interviews sont plus intéressantes. Dans l'Entretien avec Agneska Holland (5mn), la réalisatrice explique que le film est sans doute le plus grand de Kieslowski (elle n'a pas vraiment tort) et remet l'oeuvre dans sa perpesctive politique et historique du film. Pour terminer, on a l'Entretien avec Irena Strzakowska, (21mn). L'interview est la plus intéressante du DVD, car cette femme est la productrice du film, la représentante politique de l'organisme de cinéma, celle qui était responsable en somme de la censure des films. Son intervention est d'autant plus intéressante que le film a été interdit en Pologne. Elle relate ainsi quelles étaient les marges de liberté des cinéastes, les "rapports" qu'ils étaient également tenus de faire. Sans Fin Image : Dès les premières images, on sent le film à petit budget. Peu d'éclairage, souvent très basique. Heureusement, le transfert proposé est de qualité et compense ainsi les difficultés habituelles pour retranscrire cette image. Le master est également très propre avec seulement peu de défauts de pellicule, ce qui est un véritable exploit pour un tel film. Son : Peu de possibilités nous sont offertes puisqu'on a droit uniquement à une version originale sous-titrée français en stéréo. Très peu de travail d'ambiance dans ce film, juste des dialogues en avant, très clairs et audibles. Suppléments : De nouveau mk2 nous gatte avec ses suppléments. On retrouve tout d'abord un Court-métrage de Kieslowski (6mn) (L'office) L'image souffre bien évidemment du temps, mais le transfert reste de qualité. On regrettera toutefois un manque de rigueur dans les sous-titres qui comportent quelques fautes de français. Ensuite, on a droit à deux entretiens. Le premier, Entretien avec Grazyna Szapolowska (7mn), laisse la place à la comédienne. Très intelligente, elle développe une vision très juste du rapport art et politique. On regrettera donc d'autant que les questions de l'interviewer se limitent à la faire réagir aux critiques que l'on a fait du film à l'époque. Le second Entretien avec Jacek Petrycki (27mn) donne la parole au chef opérateur. L'interview est la plus longue et la plus intéressante, décrivant la rencontre entre les deux hommes et leur travail au fils des ans, de l'école de cinéma, à ses documentaires pour aboutir à ses fictions. Petrycki voue une véritable admiration pour le réalisateur, le plus impressionnant et le plus charismatique de sa génération, et rapporte nombre d'anecdotes notamment sur la période documentaire la moins connue du grand réalisateur... Pour terminer, ou pour commencer, nous avons également une Préface de Thierry Jousse (5mn) qu'il vaut mieux, comme généralement pour les suppléments, regarder à la fin car le critique propose sa vision du film, quitte à raconter en partie celui-ci. Il manque toutefois de profondeur, se contentant souvent de raconter au lieu d'analyser. Pour terminer, on a les bandes-annonces des films de Kieslowski sortis dans cette édition. http://dvdtoile.com/CritiqueDvd.php?8653 -- Publier sur fr.rec.cinema.selection : <URL:http://frc.selection.free.fr/> Archives de fr.rec.cinema.selection : <URL:http://ghanima.dyndns.org/frcs/>
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