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[AVIS] Le Stade de Wimbledon (Mathieu Amalric - 2002)



Cinéma	
Le Stade de Wimbledon
France
Drame	
Réalisateur : Mathieu Amalric
Acteurs : Jeanne Balibar, Esther Gorintin
Sortie en salles en France : 13 février 2002
Première sortie mondiale : 2002


Résumé


Une jeune femme est partie en Italie à la recherche d'un écrivain mort
sans avoir rien publié.


Critique Film


De AlHolg, le 31 juillet
Note du film : 5/6

"Ecris-moi le nom des morts. Quand ils seront tous morts, je reviendrai
à Trieste."

Ce second long-métrage de l'acteur-réalisateur Mathieu Amalric est, pour
le moins, intrigant et déroutant. Adapté, librement mais sans scénario,
du premier roman de l'écrivain italien Daniele Del Giudice, choisit au
hasard dans une bibliothèque, il dépeint avec un minimalisme non
péjoratif, l'enquête d'une jeune femme sur un écrivain qui n'a jamais
publié de son vivant.
On est, paradoxalement, irrité et séduit tout à la fois par cette
succession de déplacements, visites et témoignages sensés donner corps à
un personnage quasi légendaire. Tout autant malmené par les
vraies-fausses pistes que constituent l'affiche du film (objectivement
peu représentative, symbolisme du temps suspendu, de solitude et de
dérive), son titre (la scène de clôture qui se passe dans le "temple" du
tennis londonien dure une minute, métaphore de l'absence et du vide) et
son introduction (on y parle anglais mais on est en Italie). Sur le
thème des quatre saisons, le film "caresse" la ville de Trieste, d'abord
sur un mode essentiellement intellectuel puis sur une variation plus
sensuelle. Réalité et fiction cohabitent comme yougoslaves et italiens
se partageaient la ville de Trieste jusqu'en 1954. Malgré l'abondance de
photographies de Bobby Vohler, son visage reste inconnu des spectateurs,
lequel est maintenu dans une forme d'imaginaire fabuleux. Ljuba
Blumenthal (Esther Gorintin) ne fait-elle pas également remarquer à la
jeune femme (dont nous ne connaîtrons pas le nom), que son ouvrage
comporte de nombreuses inventions ? Le film est une parabole un peu
circulaire, comme cette forme tracée par l'homme du café (Jean-Paul
Franceschini) sur la table pendant son témoignage.
D'un peu plus d'une heure, l'intemporel Stade de Wimbledon est attachant
parce qu'il parvient à mettre en images ce "Je ne sais quoi et presque
rien" cher à Jankélévitch. Les transitions ont autant d'importance que
le récit lui-même. Les silences et les regards de Jeanne Balibar sont
aussi précieux que ses questions et ses réponses. L'actrice est souvent
en monologue ou en narration (parfois un peu formel), mais cela ne
perturbe en rien le rythme du film.
Sur le plan visuel, l'approche d'Amalric et Christophe Beaucarne est
plutôt photographique et géométrique (d'ailleurs, la présence de
géomètres et d'un militaire ingénieur l'atteste s'il en était besoin).
Elle donne au film un côté "beau livre illustré" mais sans volonté de
démonstration graphique pour autant. C'est en même temps du cinéma
vivant, des obstacles s'interposent entre les acteurs et la caméra et
celle-ci n'est pas absente de l'action (étrange scène de plage dans
laquelle les figurants la fixent comme s'ils dévisageaient l'actrice
principale).
Enfin, Grégoire Hetzel, l'auteur de la musique originale un peu
(dé)concertante, a parfaitement su traduire l'atmosphère requise dans un
registre lui aussi minimaliste, répétitif et lumineux comme une pluie
d'été.


Critique DVD


Le Stade de Wimbledon
Zone 2, France
Editeur : Gemini Vidéo Editions
Sortie : 26 mai 2003
Suppléments :
- Bande-annonce
- Filmographies
- Le "Malus" : Film (18mns) réalisé par Mathieu Amalric sur les lieux du
tournage un an après, en compagnie de Danièle Del Giudice l'auteur du
roman dont s'insipire son long métrage.
- Carnet de route du chef opérateur
- Projets d'affiches
- Bande-originale du film

Image : belle, elle rend parfaitement hommage aux lumières de Trieste et
à la beauté singulière de Jeanne.
Son : la stéréophonie claire et précise convient parfaitement.

Malus : (17'18) reportage sur les origines et les "traces" du film,
rencontre avec l'auteur du roman éponyme, quelques fugitives images de
tournage et journal-filmé de vacances studieuses. Intéressante mise en
perspective, notamment de l'imbrication livre-film,
Carnet du chef-opérateur : pages tirées du carnet de Christophe
Beaucarne, plans dessinés, choix des focales et des lumières,
photographies. Une bonne idée de supplément,
Bande originale : informations sur le compositeur et trois pièces
musicales qui accompagnent le film,
Trois affiches non retenues,
Filmographie de Jeanne balibar et de Mathieu Amalric,
Bande-annonce,
Crédits et lien internet éditeur.


http://dvdtoile.com/CritiqueDvd.php?dvd=11200


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