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[AVIS] 24 heures de la vie d'une femme (Laurent Bouhnik - 2003)



Cinéma	
24 heures de la vie d'une femme
France, Allemagne, Royaume-Uni

Réalisateur :
Laurent Bouhnik

Scénariste :
Stefan Zweig (auteur)

Acteurs :
Agnés Jaoui
Bérénice Bejo
Michel Serrault

Sortie en salles en France : 8 janvier 2003
Première sortie mondiale : 2003


Résumé


Au début du XXe siècle, dans un casino de la Riviera, Marie Collins-Brown, une femme irréprochable, va vivre avec Anton, un joueur incorrigible, les 24 heures les plus intenses de sa vie. En voulant le sauver, elle s'enchaîne à un démon.
Vingt ans plus tard, cette même femme, qui s'était enfermée dans le silence, confie son secret à un adolescent révolté par la mauvaise conduite de sa mère.
A l'aube du troisième millénaire, Louis, l'héritier du secret, est devenu un vieil homme désabusé qui ne pense plus qu'à sa fin prochaine. Il fait par hasard la rencontre d'Olivia, une jeune fille qui le déroute par sa beauté et sa vitalité.
En se déroulant à trois époques différentes, le récit incandescent d'une passion singulière devient l'occasion d'un voyage dans le temps. Mais c'est également un jeu de miroir qui nous renvoie une image éternelle de la folie amoureuse. (allocine.fr)



Critique Film


De AlHolg, le 18 août 2003
Note du film : 4/6

"Toute vie qui ne se voue pas à un but déterminé est une erreur." (extrait de l'ouvrage de S. Zweig)

L'adaptation cinématographique d'une oeuvre de Stefan Zweig est une démarche ambitieuse et ardue. Ceux qui ont lu ses ouvrages connaissent l'excessive sensibilité de l'auteur et la subtilité de ses descriptions et portraits de ses personnages. Plusieurs tentatives ont été faites avec plus ou moins de réussite. Le roman "Vingt-quatre heures de la vie d'une femme" est édité en 1934 alors que son auteur, à 53 ans, est à Londres pour y poursuivre la préparation de sa biographie de Marie Stuart et que les troupes allemandes entrent en Autriche. Cinq adaptations (allemande - 1931, argentine - 1944, britannique - 1952 avec Merle Oberon, américaine - 1961 pour la télévision, avec Ingrid Bergman et française - 1968 avec Danielle Darrieux) ont précédé le film signé par Laurent Bouhnik.
Cette version, manifestement libre, s'autorise en effet d'ajouter un personnage et, par voie de conséquence, un récit supplémentaire, situé au début de notre XXIe siècle. Quelle plus-value apporte-t-il ? On peut essayer de donner deux réponses à cette question. La première est, apparemment, la volonté de projeter et d'ancrer dans la modernité les histoires du roman. En supposant que le texte n'ait pas, lui-même, cette contemporanéité, ce dont je doute, le danger est, pour toucher un public jeune, a priori, peu attiré par les films en costumes, de galvauder la force dramatique de l'oeuvre. La seconde, qui est un parti pris de créateur, donc en soi défendable, est d'introduire une dimension de renaissance, voire de résurrection, qui semble chère à Bouhnik. Celle du personnage qui ressemble tant à Zweig dans le film, Louis, le fils de Mme Henriette, qui n'existe pas dans le livre. Il n'est pas certain qu'elle ne nuise pas à la clarté et à la continuité de la narration, remarquablement élaborée et fluide dans le roman.
L'aspect formel du film est, à l'exception de certains détails que nous allons évoquer, une réussite. Le réalisateur, qui en est à son quatrième long-métrage après plusieurs "courts", est, de toute évidence, un amoureux de l'esthétique, notamment classique. Avec son chef-opérateur, Gilles Henry, il accorde à la photographie des costumes et des décors un soin méticuleux remarquable. S'il n'y avait la beauté des quelques scènes de nature, on friserait presque le maniérisme et la gravure de mode. On peut aussi être indisposé par des effets ostentatoires de caméra ou de superposition d'images dont l'intérêt n'est pas flagrant. En revanche, le choix de caractériser les différentes époques par des tonalités de couleurs est une bonne idée : rouge et vert pour le début du XXe siècle, écru pour les années 1930 et bleu vif pour l'époque actuelle.
Frances Barber est solide dans le petit rôle qu'on lui a confié, celui de Betty la belle-soeur de Marie Collins Brown. Celle-ci est incarnée par une Agnès Jaoui d'une grande sincérité mais qui peine à être crédible dans le registre de la passion dévorante. Michel Serrault, qui prête son visage à Louis âgé, n'est pas aussi bon qu'à l'accoutumée, dans une composition à la fois heurtée et sans relief. Les arguments de Bérénice Bejo sont le naturel (troublé) et la plastique. Faute de temps et de profondeur du personnage (Olivia), elle ne parvient néanmoins pas à créer une complicité avec Serrault comme y sont parvenu d'autres jeunes actrices. Enfin, la musique originale de Michael Nyman est l'une de ses partitions les moins réussies qu'il m'ait été donné d'écouter.



Critique DVD


24 heures de la vie d'une femme
Zone 2, France
Editeur : France Télévision Distribution
Sortie : 20 août 2003
Format vidéo : 16/9
Audio : Français (DD 2.0 Stereo, DD5.1)
Suppléments :
- Bande-annonce
- Making-of
- 1 scène inédite - fin alternatvie
- Interview des comédiens & du scénariste (Gilles Taurand)

Note technique : 5/6

Image : sans reproche, toutes les scènes, même les plus délicates, sont traduites avec clarté et dynamisme dans le format 1.85 originel (35mm).
Son : le choix entre DD 5.1 et stéréophonie est donné ; préférez la première des deux pistes pour les ambiances parfois riches de certaines séquences.


Suppléments :
Troubles : ou la journée d'une femme ordinaire (25'19 - v.o.s.t. anglais - version sans ou avec le commentaire de Laurent Bouhnik) court-métrage en 16mm de 1994 avec Sylvie Audcoeur et Serge Blumental, choisi parmi les six réalisations du genre en raison de sa parenté thématique avec le film,
Du roman au film : (19'54) propos de Gilles Taurand, scénariste (notamment des Roseaux sauvages de Téchiné, du Temps retrouvé adaptation de Proust par Ruiz et dialoguiste du récent Les Egarés) et Laurent Bouhnik sur l'adaptation au cinéma et argumentations des choix réalisés et libertés prises. Participation d'Agnès Jaoui et de Serrault. Des éclairages bienvenus sur le travail du scénario,
Film-annonce,
Partie DVD-Rom :
Deux scénarii et le dossier de presse : fichiers .pdf (scénario avant le tournage, 102 p., scénario après le tournage, 90 p. et dossier de presse, 42 p. avec illustrations).



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