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[Avis] 20 : 30 : 40 de Sylvia Chang (Taiwan, 2004)


  • Subject: [Avis] 20 : 30 : 40 de Sylvia Chang (Taiwan, 2004)
  • From: Gromit <gromit@club-internet.fr>
  • Date: 01 Aug 2004 09:04:06 GMT
  • Approved: modappbot@dspnet.fr.eu.org
  • Followup-to: fr.rec.cinema.discussion
  • Newsgroups: fr.rec.cinema.selection
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[Mod: Ceci est la seconde publication d'un article déjà paru sur
fr.rec.cinema.discussion.]

20 : 30 : 40


Taiwan, 2004, de Sylvia Chang, cl, 113'

Avec : Sylvia Chang, Lee Sin-je (alias Angelica Lee), Renée Liu, Kate
Yeung, Tony Leung Ka-fai, Chang Hung-liang, Anthony Wong


Sylvia Chang, excellente actrice taiwanaise (mais aussi productrice,
chanteuse et agent) vue notamment dans "Full Moon in New York"
[http://www.kyuran.be/?tonoibin]ou "Salé Sucré", est passé à la
réalisation en 1981, menant une double carrière. 20 : 30 : 40 est son
onzième film en tant que réalisatrice. Il succède à "Princess D" (Seung
Fei, 2002) film sympathique mais un peu raté. Celui-ci, même s'il ne
restera pas dans les annales des meilleurs films taiwanais de l'histoire
du cinéma, prouvera au moins qu'à côté des maîtres reconnus que sont les
"auteurs" Hou Hsiao-hsien ou Tsai Ming-liang, la petite île est encore
capable de produire quelques jolies tranches de vie en forme de
comédies, sans prétention mais bien troussées.

Film de femmes ? Oui sans doute puisqu'il nous dépeint trois femmes à
divers moments de leurs vies et que les trois actrices ont chacune écrit
leur propre partie. 20 : 30 : 40 s'apparente à ces films "chorales"
devenus pas mal à la mode. Les trois histoires sont contées en
parallèles et si les protagonistes se croisent parfois, ce n'est qu'à
l'arrière plan l'une de l'autre, jamais leurs vies ne se télescopent
vraiment. La (jeune) femme à 20 ans, puis à 30 ans et enfin à 40, voilà
ce que nous propose Sylvia Chang. Une vue générale de la femme chinoise
(bien que Xiao Jie soit malaise) à l'heure des espoirs et de
l'insouciance, du choix de vie puis de la reconstruction. Ces trois
stades de la vie sont provoqués ou alimentés par des conflits d'ordre
sentimentaux.

La jeune Xiao Jie (Lee Sin-je) arrive donc de Malaisie pour former avec
une tout aussi jeune Hong-Kongaise, Tong Yi (Kate Yeung), un duo de
chanteuses produit par le compositeur Shi Ge (Anthony Wong).
Malheureusement, toutes les chansons de ce dernier sont immanquablement
refusées par les "décideurs" qu'il contacte. Les deux jeunes filles dont
l'amitié grandit au fil des jours, non sans quelque ambiguïté, n'en ont
cure jusqu'à ce que Tong Yi entame une relation avec un garçon. Xiao Jie
se sent délaissée et l'échec de son voyage lui apparaît désormais plus
patent.
Xiang (Renée Liu) est une hôtesse de l'air qui navigue entre deux hommes
sans vouloir ni pouvoir s'attacher. L'un, Jack, célibataire et musicien,
immature et brutal, lui propose le mariage qu'elle refuse tout en
s'interrogeant sur sa passion déclinante pour le second,. Brian Sun,
homme marié et dentiste de son état. Incapable de vivre seule mais
rétive à "se poser sentimentalement", Xiang déprime de plus en plus,
jusqu'au jour où elle rencontre un veuf, père d'une petite fille et qui
désire lui acheter son piano.
Lily (Sylvia Chang), enfin, est la plus âgée. Patronne d'une boutique de
fleurs, elle apprend accidentellement la liaison extra-maritale de son
époux (et sans aucun doute une paternité illégitime). Mère d'une fille
d'une vingtaine d'années en voyage en Europe, Lily décide immédiatement
de divorcer. Luttant elle aussi contre le sentiment de solitude, elle
tente de relancer sa vie sentimentale.

Aucune de ces trois histoires ne se suffirait à elle-même et leur
caractère inachevé ne fait que renforcer cette impression de faiblesse
scénaristique. Pourtant, on parvient sans grande peine à s'attacher aux
personnages malgré leur manque de développement psychologique, ainsi
qu'à la véracité de situations et de sentiments parfois à la frontière
du cliché mais toujours sauvés par des touches d'humour bien venu,
quelques gags, quand il ne s'agit pas de séquences entières (la relation
de Lily avec un jeune professeur de tennis qui l'épuise complètement).
Le traitement général des histoires tire plutôt vers la modestie, ce qui
devient du coup une qualité majeure du film à côté d'une certaine
élégance de la mise en scène et une fraîcheur certaine. Certains
reprocheront au film de passer sans prévenir du sentimental à la comédie
avec pour conséquence son manque d'unité, d'autres au contraire s'en
réjouiront. On y ajoutera une jolie bande musicale.

Et puis surtout une excellente interprétation générale. Sylvia Chang, en
charge du côté le plus comique du film, prouve une fois de plus qu'elle
n'est pas considérée pour rien, après plus de 80 films, comme l'une des
actrices majeures de Taiwan.
Renée Liu, à l'origine indirecte du projet (elle avait proposé à Sylvia
Chang et Lee Sin-je un album de chansons en commun sur leurs âges
respectifs) compose une Xiang assez subtile malgré les limites de son
personnage. Enfin, la jolie Lin Sin-je que l'on avait remarqué dans
l'intéressant "Betelnut Beauty" (Ai ni ai wo, 2001) de Lin Cheng-sheng [
http://www.kyuran.be/?minhenlen]avant qu'elle ne joue, déjà sous la
direction de  Sylvia Chang, dans "Princess D" puis qu'elle ne cartonne
au box-office de H-K avec le film d'horreur "The Eye", se montre à la
hauteur de ses deux aînées.

En résumé, un film agréable malgré ses quelques faiblesses.

[critique illustrée : http://perso.club-internet.fr/pserve/20.30.40.html]

Philippe Serve

-- 
" Je suis d'accord avec l'amour tant que cela
n'arrive pas pendant les Simpson a la television. "
(Anita 6 ans)
Ecrans pour Nuits Blanches : http://perso/club-internet.fr/pserve

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