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[IMPRESSIONS] - L'Histoire du Chameau Qui Pleure (legers SPOILERS)



Bon pour le film ca ressemble à un OVNI. Salle trés isolée de l'UGC les
Halles (salle 15). En sortant on aurait presque pu passer en fraude à une
scéance de "Résident Evil". Mais bon apparemment la direction avait tout
prévu parce que décidément ca n'est pas du tout le même public pour les deux
films. Un bon exemple de controle social à la Michel Foucault (cf.
"Surveiller et Punir"). Ou comment économiser un vigile devant une salle de
ciné.


Donc l'intrigue est simple : dans la steppe mongole le chameau est roi.
L'animal est d'ailleurs mythique. Il a toujours la larme à l'oeil. Normal,
dans les Temps Anciens il s'est fait piquer ses bois par un cerf qui s'en
est allé se pavaner avec dans une fête.
Chez les mongoles de la steppe, le chameau est Roi. Surtout chez les
agriculteurs isolés tout tourne autour de cet animal. Monture, garde manger,
producteur de matiére premiére manufacturée (belles scénes de tissage, de
tonte et d'artisanats divers).
Oui vous ne révez pas. Même si il y a une intrigue qui guide nos pas et
notre regard il s'agit aussi d'un documentaire ethnologique
(anthropologique, make your pick) sur les éleveurs et nomades de Mongolie.
Ca serait interessant d'ailleurs d'interroger les auteurs sur la
construction du scénario. Ca doit bien être écrit quelque part dans des
articles de revue ciné. Mais bon dans l'ignorance on a une belle alternative
: soit le scénario était pré écrit et ils ont pris le risque d'aller faire
tourner des inconnus de la steppe (aucun acteur professionnel), soit il
s'agit d'une émergence d'un vrai reportage sur ces populations.


En conséquence le film est à mi chemin. Et c'est agréable plutot que
déconcertant. Comme ici le chameau est roi, on s'amuse à noter quelques
détails. Le lait (liquide nourricier et précieux par excellence) qui est
sacrifié aux quatre vents. Le scénario lui même, simplissime et mignon a
souhait : c'est la saison des naissances. Un jeune chameau blanc vient au
jour. L'accouchemment est difficile et la chamelle mére en souffre. D'ou le
rejet du nouveau né. La petite troupe de nomades (deux familles au complet,
les 4 grands parents et les enfants compris) s'évertuent à rapprocher la
Bambi d'Ulam Bator de sa maman. On nourrit le nouveau né au biberon et
finalement on va quéter à la ville proche un violoniste pour renouer le lien
perdu lors d'une cérémonie rituelle.


Joli a voir mais sans plus. Peu de paysages, mais surtout des gros plans et
des scénes d'intimité des foyers. En se risquant un peu à supputer
l'intention des auteurs on discerne avant tout la trace montrée de liens
tissés de toute nature. A l'image de Bambi et de sa maman tout ici est lien.
Au sein de la famille ou les enfants écoutent les contes des anciens. Sur 3
générations lorsque la grand mére attache sa petite fille au pilier de tente
pour en rendre la garde à sa mére. L'existence nomade ne permets pas autre
chose que ces liens forts dans un environemment que l'on ne peut imaginer
qu'inhospitalier lors des soirées d'hiver.


Lien qui existe aussi hors du cercle des proches. A la ville, les deux
enfants rejoignent une autre branche de la lignée. Ils sont accueillis avec
chaleur et questionnés sur leurs parents. Le maitre de musique, bien que
trés occupé, se déplacera pour le rituel et fera profiter de ses talents à
tout ce beau monde autour d'un foyer.


Mais la ville est aussi signe de nouveauté et de modernité. Les chameaux
sont remplacés par des vélos. Les habits traditionnels par des tenues
formatées à l'occidentale. Il y a la bas la télévision qui attire le regard
du plus jeune enfant. Il préférera en demander une plutot que d'écouter à
nouveau les sempiternelles histoires de son grand pére.
Changement qui s'annonce. On devine une érosion du lien qui unissait. A
l'image du lien naissant expérimenté par le jeune chameau blanc. Un jeu de
tensions et d'attachemment qui se joue subtilement sous nos yeux. Tout
s'achéve sur une interrogation dont on connait un peu la réponse : la
modernité et l'irruption du village mondial détruirons-t-il chaleur humaine
ici exposée ? C'est délicieux de répondre à cela avec espoir.


On pense alors aux populations inuits et eskimos (pas aux glaces de l'UGC
!!!) et on s'interroge sur le sort des cultures nivellées par la culture
mondialisée. Avec un brin d'angoisse et de la nostalgie.


Trés mignon pour l'esprit et les pupilles.


@+, Bek 

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