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[Date Prev][Date Next][Date Index] [Avis] Shin Mian Mai Fu, Yimou Zhang - 2004
Titre international : House of Flying Daggers Titre français : Le Secret des Poignards Volants Traduction littérale : Embuscade des dix côtés Réalisation : Yimou Zhang (Hero, Xingfu Shiguang) Scénario : Feng Li, Bin Wang, Yimou Zhang Avec : Takeshi Kaneshiro (Jin), Ziyi Zhang (Mei), Andy Lau (Leo) Durée : 1h53 Genre : Aventure / Romance / Arts Martiaux Chine - 2004 (présenté au Festival de Cannes 2004 le 19 Mai) Sortie en France : 17 Novembre 2004 Sortie en Belgique : 24 Novembre 2004 Sortie au Canada : 17 Décembre 2004 ___________ Zhang Yimou, visiblement fort heureux du résultat de Héro, poursuit dans la voie des films d'arts martiaux pour mettre en image son nouveau film, Le Secret des Poignards Volants. Le thème est archi-classique : il s'agit d'une variante asiatique de Roméo et Juliette, du couple impossible que les circonstances particulières du moment et du lieu tendent à séparer. Contrairement au déroullement du drame de Shakespeare, les personnages nés de la plume de Feng Li et Bin Wang (déjà scénaristes sur Héro) mettent un certain temps à se dévoiller dans le film. Nous sommes au milieu du neuvième siècle après Jésus-Christ. L'empire du milieu, alors gouverné par la Dynastie Tang, est en proie à des soulèvements multiples. Le plus célèbre des groupes s'opposant à ce "régime de fonctionnaires corrompus" est la Maison des Poignards Volants. Leo, un capitaine de police reçoit des renseignements intéressants en même temps qu'un ordre de ses supérieurs. Dans un bordel proche du commissariat (à défaut d'autre dénomination plus approriée, je l'appellerai comme ça), on dit qu'une tueuse de la fameuse Maison vient de faire son apparition. Et les supérieurs de Leo lui intime l'ordre de se servir de cette dernière pour débusquer et assassiner le chef du groupement rebelle. Leo décide alors d'envoyer son meilleur ami et collègue Jin sur cette mission. Jin débarque dans le bordel voisin et ne met que peu de temps à découvrir la tueuse : il s'agit de Mei, une danseuse aveugle. La rumeur veut que l'ancien chef de la Maison du Poignard Volant avait une fille aveugle qui cherche à le venger de ses assassins. L'occasion est trop belle : Jin se fait passer pour un sympathisant, sauve la belle et décide de l'escorter jusqu'au repère des Poignards Volants. Mais pour réussir sa mission, il doit gagner la confiance de Mei. Quel meilleur moyen pour cela que de tenter de la séduire ? Et c'est (mal?)heureusement une arme à double-tranchant. Sans m'avancer plus dans l'intrigue, j'espère que vous avez saisi que l'important dans ce film est la romance bien plus que l'art martial. Alors certe, il y a quelques scènes de combats (chaque fois situé dans un décors différent : le bordel, un champs de fleur, une forêt typée européenne ~sans doute du Nord de la Chine~, une forêt de bambous). Et elles sont ma foi fort bien réalisées. Rien d'incroyablement novateur par rapport à la nouvelle vague des films d'arts martiaux chinois. On notera cependant les combats dans la forêt de bambous, particulièrement esthétique, mais plus pour des raisons de couleur que de chorégraphie. La "grosse" nouveauté du film est l'intégration massive d'effets spéciaux dans les combats et dans certains plans : la danse rythmée ~sur un morceau joué au tambour~ du début est un bon exemple. Ziyi Zhang se retrouve entouré de petites pierres en suspens, offrant des plans clairement influencé par Matrix (lui-même influencé par les films de Kung-Fu, mais on ne va pas rentrer dans une polémique de poules et d'oeufs). L'autre utilisation très flagrante des effets spéciaux réside dans les plans accompagnant littérallement les poignards en vol dans le maison éponyme. C'est pas vilain, mais c'est un peu de l'esbrouffe tout de même. Je me répète, mais ce n'est pas l'essentiel pour moi. Ce qui m'a fasciné est plutôt le portrait de cette relation impossible, qui naît bien malgré ses protagonistes. D'une touche très asiatique (forcément !), les sentiments ne sont pas exprimés, mais sont plutôt de l'ordre du non-dit et de l'ellipse. Une grande place est dès lors accordée aux silences et aux regards dans ce film. De fait, même l'apothéose charnelle, longtemps refusée sobrement, est très pudique et allègrement filmé en plan large pour que l'on comprenne ce qui se passe sans forcément être obligé de le voir. Cependant, après un départ en trombe avec la scène du bordel (où l'on constate également que la belle Ziyi Zhang a de la voix !), le film ralentit énormément jusqu'à son dernier acte. Celui-ci est constitué de révélations en poupées russes ma foi fort réussi (et difficilement prévisible). Très intéressante, cette partie l'est aussi pour son esthétique. Comprennez-moi, les décors sont très beau dans tout le film et respire a juste titre le réalisme ~Yimou Zhang a la patience de tourner uniquement en décors naturel et sans retoucher les couleurs digitallement, ce qui parraît incroyable à la vue de certains plans~. Mais la majeure partie du film se déroulle dans une forêt d'arbre au feuillage caduque (des boulots et des chênes, peut-être ?) qui fait plus penser aux forêts caucasienne que chinoise. La dernière partie se déroullant en partie dans une forêt de bambous, ça fait plus couleur locale. D'autant que le vert très prononcé des bambous a poussé l'équipe des costumes à jouer dans ces teints pour l'uniforme très réussi des membres de la Maison des Poignards Volants. Pour conclure, un petit mot sur les acteurs : Ziyi Zhang et le sino-japonais Takeshi Kaneshiro sont tous deux excellents et jouent juste. Kaneshiro en particulier maîtrise bien son personnage de justicier/voyou/dragueur sans forcément tombé dans le cliché (j'ai crû au début pendant un moment qu'il allait user de la vieille technique de l'homme saoûl ! ^_^). Andy Lau est peut-être un peu en-dessous, mais son personnage reste moins important. Le Secret des Poignards Volants est donc un film que je conseillerai à tous ceux qui savent faire fî des codes obligatoires du genre, parfois un peu ridicules (je ne vous spoilerai pas, mais certains éléments de la scène finale, pour héroïque et émotionnelle qu'elle soit, la décrédibilise un peu). Et qui savent apprécier une histoire touchante, sans doute plus que celle de Héro de par la moindre importance des personnage du dernier Yimou Zhang. Deux petites heures de bonheur, de poésie et d'action pas trop gratuite. -- http://www.anime-info.net => News http://www.the_wu.blogspot.com => Blog http://www.nipponost07.blogspot.com => Musique -- Publier sur fr.rec.cinema.selection : <URL:http://www.usenet-fr.news.eu.org/fur/conseils/frcs.html> Archives de fr.rec.cinema.selection : <URL:http://ghanima.alarue.net/frcs/>
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